La pile à lire de Sam Touzani

Il est comédien, metteur en scène, chorégraphe… parfois même, il se mue en présentateur à la télévision : fier de ses origines marocaines, Sam Touzani n’en est pas moins né dans les Marolles. Cet humoriste engagé vous fait rire, mais il vous fait aussi réfléchir… Pendant cinquante ans, il a vécu à Bruxelles. D’une vie ultra-active il est passé à une vie de famille qui compte beaucoup pour lui. Désormais, cet homme et papa s’est installé dans le Brabant wallon. La vie évolue pour tout le monde !

 

Cet autre "Monsieur 100.000 volts" comme il s’autoqualifie, est aussi écrivain. C’est ainsi qu’à l’occasion de la dernière Foire du livre de Bruxelles, Sam a participé à une rencontre ayant pour thème "En quête de mémoire et d’identité" à revoir juste ici. Quoi de plus naturel lorsqu’on intitule son dernier ouvrage L’identité, dans la collection Dis, c’est quoi ? de la Renaissance du Livre (2021).

Évidemment, Caroline Etienne a sauté sur l’occasion pour le rencontrer et lui demander quels étaient ses livres préférés, sur base d’un questionnaire parfois… surprenant. Et de cet entretien, c’est l’image d’un Sam Touzani bien philosophe qui a émergé !

 

 

Sam a été bouleversé par bien des lectures, parmi elles, Le zéro et l’infini, d’Arthur Koestler (Le Livre de Poche, 1974). Si nombre de livres lui ont fait changer son avis sur bien des questions, celui-ci l’a fortement marqué. Sam était très à gauche, parfois même à l’extrême et cette lecture a été l’heure de la désillusion. Ce livre anti-stalinien annonçait les goulags et le fascisme soviétique, il s’est dit "Non, moi, je ne mangerai pas de cette idéologie-là !"

 

 

 

Pour lui, Stefan ZWEIG et le plus grand auteur du XXe siècle et il en a tout lu, mais Le Joueur d’échecs (Le Livre de poche, 2013) l’a particulièrement bouleversé : au-delà de la technicité des échecs (dont Sam est un pratiquant), c’est une belle métaphore du fascisme et du nazisme.

 

À travers Si c’est un homme, de Primo Levi (Pocket, 1988), notre humoriste a découvert le crime le plus immense contre l’Humanité : l’holocauste, la Shoa. Il faut lire cet ouvrage en sa qualité de témoignage. Levi, c’est un peu l’équivalent de "La Liste de Schindler" au cinéma…

Il y a aussi Boule de juif (Genèse Édition, 2021) dans lequel l’auteur, Foulek Ringelheim, parle de son enfance cachée et des camps de la mort ; s’il faut le comparer à une œuvre cinématographique, ce serait "La vie est belle" ; c’est fou comme deux points de vue peuvent parler de cette atrocité, tout ben constituant de merveilleux antidotes contre l’antisémitisme.

 

 

 

D’autres livres l’ont poussé à s’engager dans certaines directions tout en lui procurant bien des émotions. Ainsi, c’est à la suite de la découverte des Versets sataniques de Salman Rushdie (Folio, 2021) que Sam est devenu un défenseur inconditionnel de la liberté d’expression. Rushdie, c’est la liberté de créer et de pouvoir désacraliser, aujourd’hui, il est important de désacraliser le sacré de l’autre, son propre sacré aussi, sans pour autant sortir les kalachnikovs !

En découvrir plus sur l’histoire de Salman Rushdie

 

 

 

Au cours du Printemps arabe, il a eu l’envie d’offrir à tous les dictateurs Discours de la servitude volontaire, d’Étienne de La Boétie (Folio, 2016). Hélas, les dictateurs sont tombés, mais les dictatures subsistent. Cet ouvrage contient quelque chose de puissant, La Boétie n’avait que 18 ans quand il a écrit "Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres". Rien à ajouter.

 

 

 

Le pain nu, de Mohamed Choukri (Points, 2013) est l’un des ouvrages qui procure à Sam le plus large éventail d’émotions. L’auteur y évoque la misère qui sévit dans la partie septentrionale du Maroc, des scènes terribles ! C’est aussi l’un des premiers livres de la littérature française provenant du Maghreb.

 

 

 

Changement d’optique. Sam est amoureux, c’est clair. Voici quelques livres qui parlent de ce sentiment, voire plus ! Ainsi, encore adolescent, il a lu L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera (Folio, 1990). La scène d’amour y est d’un charnel intenable, il a adoré, elle a éveillé en lui une sensation qui le poursuit encore, ce fut son premier "coït littéraire" !

 

Même s’il n’y a pas d’âge pour tomber amoureux, Sam aimerait avoir vingt ans de moins pour rejouer la plus belle scène de la littérature anglaise, celle du balcon dans Roméo et Juliette, de William Shakespeare (Le Livre de Poche, 2005), parce qu’à vingt ans, on est prêt à mourir pour celle qu’on aime… moins à quarante ! Il aurait aimé ressembler à Hamlet (J’ai Lu, 2004), la plus grande tragédie shakespearienne selon Sam, car il y a tout dans cette pièce : la trahison, le rapport au père, l’amour, la haine, l’amitié et la plus grande question existentielle : être ou ne pas être !

 

 

 

 

Quant à la (re) lecture de L’Art d’aimer d’Ovide (Le Livre de Poche, 2020), elle l’aide à retrouver le sourire, c’est le plus beau manuel pour apprendre à tomber amoureux mais aussi pour séduire. Après, pour passer à la pratique, il n’y a plus qu’à se plonger dans le Kamasutra !

Pour terminer, n’hésitez pas à (re) voir l’entretien avec Sam Touzani pour Sous Couverture, juste ici :

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