"Harry Potter" : avant le film, un livre !

Harry Potter, c’est un peu l’histoire de l’œuf et de la poule : qui est apparu le premier, le livre ou le film ? Vous êtes nombreux à connaître la réponse à ce phénomène qui a touché la planète ! Bien que tout ce qui gravite autour de cette saga soit encore bien présent dans les esprits, nombre de jeunes découvrent aujourd’hui encore cette "entité" que sont les aventures du jeune sorcier. Cette semaine, c’était Mardi gras, le carnaval, alors… un petit coup de baguette magique n’est pas superflu par les temps qui courent !

Evidemment, tout le monde – ou presque – a suivi, au cinéma ou à la télévision, les huit films, l’épisode ultime ayant été scindé en deux, sortis entre 2002 et 2011 ; ceux et celles qui, enfants au début du cycle, étaient devenus adolescents à la fin ! Inutile donc d’évoquer les péripéties d’Harry et de ses amis Ron Weasley et Hermione Granger, de Lord Voldemort, d’Albus Dumbledore, de Minerva McGonagall ou bien encore Poudlard, le Quidditch et autres horcruxes. Car, avant les films, il y eut, en effet, les livres, et ça (aussi), c’est très intéressant !

La parution de la série originale, en français chez Gallimard Jeunesse, a débuté en 1998 pour s’achever en 2007. Cette suite romanesque est à répertorier dans le genre fantastique, elle est considérée comme de la " low fantasy ", des histoires se déroulant dans le monde réel, où apparaissent des entités magiques, en opposition à la " high fantasy ", faite de mondes fictifs où la magie est la norme.

14 images
© Tous droits réservés

Son auteure, Joanne Kathleen Rowling, est née à Yate, dans le sud-ouest de l’Angleterre, en 1965. Si elle est plus connue sous son nom de plume de J.K. Rowling, elle l’est aussi sous celui de Robert Galbraith, auteur(e) de la série Cormoran Strike, en français, Les Enquêtes de Cormoran Strike, parues chez Grasset : une série de romans policiers mettant en scène un détective privé - Cormoran Strike - et sa jeune secrétaire tout autant qu’associée, Robin Ellacott. Une série portée au petit écran par la BBC.

14 images
© Tous droits réservés
© Tous droits réservés

Le livre a déclenché un enthousiasme hors du commun, une véritable "Pottermania"

Chaque sortie d’un nouveau tome d’Harry Potter a suscité des rassemblements de foules, parfois hystériques, devant les librairies, car, dès la parution du premier tome, Harry Potter à l’école des sorciers, le livre a déclenché un enthousiasme hors du commun, une véritable "Pottermania". Ce qui est intéressant dans cet engouement, c’est que J.K. Rowling, sans le vouloir, a redonné le goût de lire aux jeunes !

14 images
Rassemblement pour la sortie d’un nouveau tome d’Harry Potter © Tous droits réservés

Il est indéniable que les aventures d’Harry, Hermione et Ron, ont joué un rôle de premier rang dans la (re) découverte de la littérature pour la jeunesse ; dans son essai Tout n’est pas littérature (Presses universitaires de Rennes, 2009), l’écrivain et maître de conférences Bertrand Ferrier, explique que ce mouvement est le symptôme flagrant d’une internationalisation et d’une médiatisation de la culture pour la jeunesse. Ce qui signifie que le succès s’inscrit dans une multimédiatisation : livre, cinéma, DVD et autres produits dérivés.

C’est exactement la même chose pour la série Twilight, de l’auteure américaine Stephenie Meyer, parue en français sous le titre de Saga du désir interdit chez Hachette Jeunesse, de 2005 à 2020.

Bien qu’il s’agisse de littérature destinée à la jeunesse, l’un des ingrédients du succès des romans d’Harry Potter c’est qu’ils visent un public plus large ! Dans L’Obs, l’hebdomadaire d’actualité héritier de L’observateur politique, économique et littéraire, Matthieu Letourneux, professeur de littérature à l’Université de Paris Ouest-Nanterre, remarque que nombre de romans pour la jeunesse s’adressent à des lecteurs plus âgés, "accompagnant sans doute un glissement sociétal d’envergure. Le choix de certains éditeurs de gommer la référence au destinataire sur les couvertures me semble significatif de la volonté d’élargir les publics, et de permettre à des adultes de lire ces ouvrages sans se sentir stigmatisés." C’est un peu comme Tintin, qui se lit "de 7 à 77 ans" et même plus aujourd’hui, du fait de l’augmentation de l’espérance de vie !

Il semblerait que, sur la planète, une personne sur quinze possède un Harry Potter…

14 images
Une fan anglaise au milieu de sa collection Harry Potter © Tous droits réservés

Pour Harry Potter, et c’est loin d’être un cas unique, le succès des livres à fait le succès des films et vice-versa ! On ne compte plus le nombre de rééditions, y compris en versions "collector". Il semblerait que, sur la planète, une personne sur quinze possède un Harry Potter… Selon Bloomsbury, la maison d’édition mère de la série, elle a été traduite en 80 langues et plus de 500 millions d’exemplaires ont été vendus ! J.K. Rowling figure, désormais, parmi les auteurs anglais les plus lus, avec Agatha Christie. Finalement, ce genre de littérature pour la jeunesse a comblé un espace demeuré vide : la littérature populaire.

En créant Harry Potter, J.K. Rowling a, d’une certaine manière, sinon ressuscité, du moins rafraîchi, rajeuni le conte et le récit d’apprentissage : celui d’un enfant comme les autres, Harry, qui (re) devient progressivement celui qu’il a toujours été, sans le savoir. Comme dans nombre de contes, l’auteure ne situe pas l’année  se déroule l’histoire, même si l’on comprend que c’est "de nos jours", même si l’on finira par savoir qu’Harry arrive pour la première fois à Poudlard en vue de la rentrée de l’année scolaire 1992-1993.

14 images
© Tous droits réservés
© Tous droits réservés
© Tous droits réservés
© Tous droits réservés

Avec ces histoires dans un internat, certes, très particulier, J.K. Rowling succède à des Enid Blyton, Anthony Buckeridge ou Frank Richards (pseudonyme de Charles Hamilton). Tous ces auteurs sont les héritiers des auteurs anglais qui, tout au long du XIXe siècle et au début du XXe siècle, adoraient écrire des romans se déroulant dans des écoles de l’Empire britannique. Et puis, peut-être Joanne a-t-elle lu In the house of Double Minds, La Maison des Doubles esprits, une nouvelle de l’américain Robert Siverberg, parue dans le magazine de SF, Vertex, en 1974, une histoire qui se déroule dans un séminaire, où des jeunes, groupés par cycles, étudient pour devenir des oracles…

Harry Potter est devenu objet de collection. Ainsi, en 2019, un exemplaire du premier tome de la saga, extrait d’un tirage limité à 500 exemplaires a été acquit plus de 32.000€ par un collectionneur anglais ! Dans ce tirage se trouvent deux erreurs : en quatrième de couverture, le mot "philosopher’s" est orthographié fautivement, " philospher’s " et, à la page 53, dans une liste d’équipement, se trouve deux fois mentionné "1 wand" (" 1 baguette "). L’ouvrage a été vendu le jour même de l’anniversaire de J.K. Rowling, le 31 juillet. Magique, non ?

14 images
© Tous droits réservés
© Tous droits réservés
Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK