Et si on lisait au moins 15 minutes par jour en famille ?

Le confinement commence à devenir long. Très long. Pas facile de constamment trouver de nouvelles activités pour occuper petits et grands. Mais plutôt que de voir cette période particulière comme une fatalité, pourquoi ne pas en profiter pour prendre de bonnes habitudes ?

À l’occasion de la journée mondiale du livre et des droits d’auteurs qui se tient ce jeudi 23 avril, Sous Couverture met en lumière l’action Tout le monde lit inaugurée l’année dernière en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). L’objectif ? Inciter les enfants à la lecture pendant au moins 15 minutes par jour.

L’idée naît d’un constat alarmant : selon l’étude internationale PIRLS (Progress in International Reading Literacy Study), la FWB occupe la dernière place du classement européen en matière de compréhension à la lecture. "Seuls 22 % de nos élèves de 10 ans maîtrisent des niveaux de compréhension à la lecture élevés ou avancés, contre une moyenne de 50 % dans les pays de l’OCDE", détaille le communiqué de Tout le monde lit. Comment expliquer un tel classement ? Simon Casterman, directeur délégué des éditions du même nom et à l’initiative du projet, ne veut pas donner de leçons pédagogiques. "En FWB, on apprend aux enfants à lire et une fois le code acquis, on passe à autre chose. Mais ce qu’il faut, c’est apprendre à maitriser le langage."

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Une première édition réussie

L’année dernière, le succès était au rendez-vous puisque 120 établissements de la FWB ont participé à Tout le monde lit ainsi que des dizaines de librairies, bibliothèques, entreprises et crèches. Mais, crise sanitaire oblige, l’édition 2020 est quelque peu perturbée. "2020 avait déjà bien débuté puisqu’on avait réussi à sensibiliser le ministère de l’enseignement ce qui n’était pas le cas l’année dernière. Avec celui de la culture, ils avaient prévu de communiquer ensemble. Aujourd’hui, ça n’a plus beaucoup de sens. On n’est pas dans les priorités pour le moment, ce que je peux comprendre", détaille Simon Casterman. Qu’à cela ne tienne, Tout le monde lit a su se réinventer. Plutôt que de soumettre l’idée d’un quart d’heure de lecture à l’école, l’emphase est mise sur la lecture en famille. "Ce qui est important, c’est de lire ensemble et que les adultes y participent. Les enfants ont envie de reproduire les comportements des adultes. Le faire en famille est dès lors une bonne idée."

Fracture sociale

Mais le président de l’Association des éditeurs belges n’est pas dupe. Il n’est pas donné à toutes les familles d’instaurer un quart d’heure de lecture collectif et quotidien. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir accès à des bibliothèques garnies. Les inégalités sont telles que l’accès à la lecture ne peut être certifié partout. Encore moins en période de confinement. Le projet Tout le monde connaît cette fracture sociale et réfléchit à des solutions. "Comment fait-on pour équiper les écoles ? Il leur faut des bibliothèques fournies et de qualité. À l’école et à la maison. Malheureusement c’est plus compliqué et pour certaines familles, la lecture n’est pas une priorité." Davantage de boîtes à livre dans les entreprises ou au Forem, des partenariats avec les bibliothèques, des outils pédagogiques, la poursuite du travail de sensibilisation et, surtout, insister sur l’importance du plaisir de lire. Tant de projets à mettre en place dès que le déconfinement aura commencé et que les élèves auront repris le chemin de l’école.