10 livres qui vous feront oublier les séries télé

Les coups de cœur de la librairie L’Ecrivain public à La Louvière

Bernard Sainte est né à La Louvière, en province de Hainaut, mais il a bourlingué de Tournai à Namur (où il a beaucoup lu…), et de Liège à Louvain-la-Neuve (où il a fait beaucoup de radio). En 1984, il retourne dans sa ville natale pour y pratiquer une belle et rare profession, celle d’écrivain public : un métier au service des autres, de ceux et de celles qui éprouvent des difficultés face à l’écrit ou à l’administratif.

Dès l’année suivante, et pendant deux ans, l’officine vendra quelques ouvrages que Bernard se procure auprès d’une librairie distante d’une vingtaine de kilomètres, mais L’Ecrivain Public ne tardera pas à assumer totalement son destin de librairie indépendante : " De 45 m2 le magasin est passé à 330, le public s’est élargi, les pratiques ont changé mais certains clients viennent depuis 35 ans, et nous leur racontons toujours nos lectures. " Il suffit de se promener sur le site internet de la librairie ou sur d’autres canaux bien connus de la toile pour regarder Bernard évoquer nombre d’ouvrages !

Pendant longtemps, Bernard n’a voulu acheter pour sa librairie que des ouvrages qu’il aime… et ça continue, tout en répondant aux nombreuses demandes de sa clientèle. Conséquence heureuse de cet amour du livre et de la lecture : L’Écrivain Public s’est vu octroyer le label " librairie de qualité " dès 2007, année de son instauration par la Communauté française, devenue Fédération Wallonie-Bruxelles !

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La librairie-passion de Bernard, c’est un stock moyen d’environ 25.000 volumes, une boutique comme on les aime, proposant un large panel axé autour de la littérature, de l’actualité, des beaux-arts, de la jeunesse, des sciences, des livres pratiques et scolaires… Et pour bien conseiller et servir les lecteurs, notre écrivain public est assisté de deux libraires expérimentés. À coup sûr, il est impossible de ne pas obtenir le livre de ses rêves à la rue Louis de Brouckère, à La Louvière.

"Pour se distraire, s’instruire, s’émouvoir, frémir ou sourire", voici, parmi la centaine de livres qu’il pourrait vous conseiller, les dix coups de cœur de Bernard, presque tous parus récemment en poche :

« La seule histoire » – Julian BARNES, Gallimard, coll. Folio, 2020.

Angleterre, années 1960. Paul a dix-neuf ans lorsqu’il rencontre Susan, une femme mariée de trente ans son aînée. Sur le court de tennis où ils disputent des parties en double, une passion se noue, totale, absolue. Ils la vivent fièrement, conscients de défier les conventions sociales. Mais les années passent, sans bruit, tandis que l’amour et la jeunesse de Paul se heurtent aux démons de Susan…

« Scherbius (et moi) » – Antoine BELLO, Gallimard, coll. Folio, 2020.

1977. Maxime Le Verrier, psychiatre, se donne pour mission de guérir Scherbius, un patient chez qui il a repéré un trouble de la personnalité multiple. Alors que le patient ne cesse de duper son analyste, la relation thérapeutique se transforme peu à peu en une liaison obsessionnelle, du cabinet médical jusqu’à la prison centrale de Saint-Martin-de-Ré en passant par les productions d’Hollywood. Entre vérité et mensonge, raison et folie, leur dépendance se renouvelle au gré des variations infinies du psychisme de Scherbius.

« Quat’saisons » – Antoine BLONDIN, La Table ronde, coll. Vermillon, 1975 et Gallimard, coll. Folio 1977.

Au fil d’une année, les voitures des quat' saisons proposent sur les marchés un fouillis de primeurs contrastées en volumes et en couleurs. Il arrive pourtant qu’un œil sensible découvre une harmonie sous ces disparates : pommes de terre nouvelles, carottes nouvelles, tomates nouvelles… L’auteur de ce livre, à l’éventaire duquel on ne trouve que des nouvelles, tout court, ne souhaite pas autre chose. Il a choisi de remonter le cours des quatre saisons, de l’hiver au printemps, parce qu’ayant été cueilli à froid, il a essayé de terminer sur un coup de grâce.

« Sauvage » – Jamey BRADBURY, Gallmeister, coll. Totem, 2020.

À dix-sept ans, Tracy Petrikoff possède un don inné́ pour la chasse et les pièges. Elle vit à l’écart du reste du monde et sillonne avec ses chiens de traîneau les immensités sauvages de l’Alaska. Immuablement, elle respecte les trois règles que sa mère, trop tôt disparue, lui a dictées : "ne jamais perdre la maison de vue", "ne jamais rentrer avec les mains sales" et surtout "ne jamais faire saigner un humain ". Jusqu’au jour où, attaquée en pleine forêt, Tracy reprend connaissance, couverte de sang, persuadée d’avoir tué́ son agresseur. Elle s’interdit de l’avouer à son père, et ce lourd secret la hante jour et nuit. Une ambiance de doute et d’angoisse s’installe dans la famille, tandis que Tracy prend peu à peu conscience de ses facultés hors du commun. Flirtant avec le fantastique, ce troublant roman d’initiation nous plonge dans l’intimité́ d’une jeune fille singulière qui s’interroge sur sa nature profonde.

« La dormition des amants » – Jacqueline HARPMAN, Espace Nord, 2020

L’histoire se situe au début d’un dix-septième siècle imaginaire, entre Maria Conception, infante d’Espagne et reine de France, et Girolamo, le narrateur. Girolamo a huit ans lorsqu’il arrive à la cour d’Espagne, rescapé d’un bateau d’esclaves, offert au roi Carlos. Il a été castré, et, gravement malade, il ne survivra que par amour pour la petite princesse qui s’éprend de lui et le soigne. Maria Conception a été élevée par un père ambitieux qui souhaite ardemment que sa fille accède au pouvoir. À quinze ans, formée par les meilleurs professeurs dans toutes les disciplines, elle devient l’épouse d’Edouard, roi de France, et arrive à la Cour, bien décidée à conquérir le pouvoir. Elle y parviendra, à force d’audace et d’intelligence, soutenue par Girolamo qui ne la quitte jamais. En parallèle à ce récit galopant, un autre récit se déroule, celui de l’amour absolu mais impossible qui unit la reine et son esclave.

« L’année où j’ai vécu selon la Bible » – A. J. JACOBS, Actes Sud, coll. Babel, 2010

Ne vous y trompez pas : A. J. Jacobs n’est pas un religieux. C’est un juif new-yorkais tout ce qu’il y a de plus laïque qui, au départ de cette aventure, ne sait pas grand-chose de la Bible. Mais frappé par la résurgence de la foi et le nombre croissant d’Américains déclarant prendre les Ecritures au pied de la lettre, il s’est mis à douter. Serait-il possible qu’il passe à côté d’une expérience humaine essentielle ?

Pour en avoir le cœur net, il va lire la Bible et tenter de la suivre aussi littéralement que possible. Observer les dix commandements. Aimer son prochain. Mais aussi ne pas se raser les coins de la barbe, jouer de la harpe à dix cordes, lapider les adultères, dire la vérité en toutes circonstances… au grand dam de ses proches.
Empreint de respect autant que d’irrévérence, le voyage spirituel qui découle de cette expérience et des rencontres qui la jalonnent est à la fois drôle et profond, personnel et universel. Que vous soyez croyant, agnostique ou athée, il pourrait bien changer votre regard sur le livre le plus influent de l’Histoire.

« La Compagnie des Menteurs » – Karen MAITLAND, Pocket, 2011

1348. La peste s’abat sur l’Angleterre. Rites païens, sacrifices rituels et religieux : tous les moyens sont bons pour tenter de conjurer le sort. Dans le pays, en proie à la panique et à l’anarchie, un petit groupe de neuf parias réunis par le plus grand des hasards essaie de gagner le Nord, afin d’échapper à la contagion. Neuf laissés-pour-compte qui fuient la peste mais aussi un passé trouble. Bientôt, l’un d’eux est retrouvé pendu, puis un autre noyé, un troisième démembré. Seraient-ils la proie d’un tueur plus impitoyable encore que l’épidémie ? Et si celui-ci se trouvait parmi eux ? Avec la mort qui rôde de toutes parts, les survivants devront faire preuve d’une incroyable sagacité pour résoudre l’énigme avant qu’il ne soit trop tard.

« Un fusil, une vache, un arbre et une femme » – Meir SHALEV, Gallimard, coll. Folio, 2019

Le jeune Ze’ev Tavori quitte sa Galilée natale pour s’installer au sud du mont Carmel dans un des nouveaux villages de la Palestine mandataire. Si sa pépinière prospère, son mariage avec la jeune femme que son père envoie le rejoindre, lui, tourne mal. Depuis, personne n’a jamais osé parler de ce qui a pu se passer en cet hiver 1930 : les Tavori ont supporté le joug de Ze’ev, marqué par l’amertume, la colère et la vengeance. Seule Ruta Tavori, sa petite-fille, enseignante et esprit rebelle, a compris comment son grand-père a vraiment perdu son œil, pourquoi il conserve toujours ce vieux fusil allemand, et ce que sa femme semblait toujours rechercher. Ce n’est que bien plus tard, lorsque Ruta sera à son tour frappée par une tragédie, que Ze’ev révélera un tout autre visage et que Ruta choisira de ne plus se taire.

« La famille Mandible : 2029-2047 » – Lionel SHRIVER, Pocket, coll. Pocket Best, 2019

États-Unis, 2029. Le pays traverse une crise sans précédent. Les ressources naturelles sont épuisées, la dette nationale a explosé, le cours du dollar s’est effondré. On rationne l’eau, un chou se négocie à quarante dollars. Douglas, le nonagénaire fondateur de la dynastie Mandible, vit encore confortablement grâce à son immense fortune. Mais ses deux petites-filles ont beaucoup de mal à boucler les fins de mois, sans parler de financer les études de leurs enfants. Soudain, le Président déclare la faillite nationale. Face à l’apocalypse, les Mandible se réunissent dans un petit appartement de Brooklyn… pour survivre, ou pour y régler leurs comptes ?

« Un gentleman à Moscou » – Amor TOWLES, Le Livre de poche, 2020

Au début des années 1920, le comte Alexandre Ilitch Rostov, aristocrate impénitent aux manières aussi désuètes qu’irrésistibles, est condamné par un tribunal bolchevique à vivre en résidence surveillée dans le luxueux hôtel Metropol de Moscou. Acceptant joyeusement son sort, le sémillant comte Rostov hante les couloirs, salons feutrés, et salles de réception de l’hôtel, noue des liens avec le personnel de sa prison dorée, des diplomates étrangers de passage, une belle actrice inaccessible – ou presque –, et côtoie les nouveaux maîtres de la Russie soviétique. Mais c’est surtout sa rencontre avec Nina, une fillette de neuf ans, qui bouleverse le cours de sa vie bien réglée. Trois décennies durant, le comte vit retranché derrière les grandes baies vitrées du Metropol, microcosme où se rejouent les événements politiques de l’URSS. Le récit enlevé de ses aventures sous cloche forme une fresque romanesque prodigieuse, qui rend un vibrant hommage à l’âme et à la culture russes.

Bonne lecture !

 

Librairie L’ÉCRIVAIN PUBLIC – Rue Louis de Brouckère 45 – 7100 La Louvière

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