Des histoires de filles à portée de tous

Des histoires de filles à portée de tous
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Des histoires de filles à portée de tous - © Tous droits réservés

Mais comment Lucile Poulain vous dégote-t-elle des premiers romans aussi captivants ?

LE BAL DES FOLLES, de Victoria MAS, aux éditions Albin Michel.

Le premier roman de Victoria Mas, la fille de Jeanne, est captivant car, partant de faits avérés et souvent très durs, il n’en demeure pas moins un excellent moment de lecture. Pas étonnant dès lors que l’ouvrage se soit retrouvé sur bon nombre de listes des prix littéraires.

Dans les années 1880, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, le professeur Charcot travaille sur le problème clinique des femmes dites hystériques, idiotes et épileptiques. A partir de là, Victoria Mas décline une histoire féministe, celle de femmes internées à tort et oubliées, telle Louise, 14 ans, enfermée parce qu’elle a été violée par l’un de ses oncles. Il y a aussi Eugénie qui craint de perdre sa liberté car, issue d’une grande famille, elle aurait des dispositions à l’ésotérisme. Chaque année, à la mi-carême, toutes ces jeunes filles et femmes sont conviées, au sein de l’établissement hospitalier, à l’étrange Bal des Folles, l’espace d’une soirée, elles sont reines et princesses. Mais ce bal bien particulier est aussi l’occasion pour le Tout-Paris de venir s’encanailler.

Le Bal des Folles, un roman au fond historique et social des plus important, des histoires simples, à la fois touchantes et dures. Pour autant, ce roman divertissant pose aussi la question de la condition féminine au XIXe siècle, et, de là, nous interpelle sur la vigilance qui doit demeurer d’actualité tant la précarité sociale des femmes demeure sensible de nos jours.

LA CHALEUR, de Victor JESTIN, éd. Albin Michel.

Victor Jestin a 25 ans. Dans ce premier roman, il nous emmène en France, près de Dax, dans les landes. C’est là-bas, dans un camping, que Léonard, 17 ans, passe les vacances. Le jeune homme est socialement inadapté, disons qu’il a un certain regard sur le monde, le sien.

Le dernier soir, de nombreux estivants font la fête et boivent plus que de raison, comme d’habitude. Rentrant au camping, Léonard découvre Oscar qui s’étrangle avec les cordes de la balançoire. Oscar va mourir devant un Léonard qui demeure sans réaction. Que faire ? Le lendemain, il rencontre Luce. Léonard est mal à l’aise avec les filles et Luce va jouer avec les sentiments de Léonard. L’adolescent n’a pas le sens de la fête, il n’a pas le sens de la séduction, il n’a pas le sens des vacances et ne sait faire face à ce bonheur presque obligatoire qui s’impose.

Pour Léonard, ce dernier jour de vacances va constituer le début de ce qui va sceller la suite de son existence, c’est le sens de la vie, de la vérité. Un roman qui a un côté " Eté meurtrier ". Un titre qui en dit beaucoup : quand il fait très chaud, il se passe des choses dont on ne peut parler ! Un premier roman fascinant et plein de sens.

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