Caroline De Mulder : « Je ne vis pas ce confinement comme une sorte de retraite spirituelle »

Son nouveau roman "Manger Bambi" devait sortir au printemps. Mais avec la crise sanitaire qui secoue la planète, il n’en sera rien. Voilà maintenant dix ans que Caroline De Mulder a sorti son premier roman, "Ego Tango". Un ouvrage qui connut un succès tout à fait honorable et remporta le prix Rossel alors que des auteurs confirmés figuraient parmi les finalistes. Depuis, l’auteure belge compte plusieurs romans, essais (Libido Sciendi) et nouvelles à son actif. Pour Sous Couverture, Caroline De Mulder a accepté de se prêter au jeu de l’interview à distance.

Comment gérez-vous cette période en tant qu’auteure ?

Caroline De Mulder : "Reconnaissons-le franchement, les auteurs ne sont pas des travailleurs de première ligne. Mais au moins nous avons toujours la chance de pouvoir écrire, voilà une liberté que personne ne nous prendra."

Quel(s) livre(s) avez-vous enfin pris le temps de lire ?

C.D.M : "Le temps, quel temps ? Un clin d’œil à tous les parents devenus, d’un coup, profs, mère (ou père) au foyer, logisticiens… et télétravailleurs."

Votre roman Manger Bambi devait paraître prochainement. Vu la pandémie qui secoue la planète, il n’en sera rien. Comment vivez-vous cette attente ?

C.D.M : "J’ai récemment fêté avec une bouteille de Château Migraine la non-parution de mon nouveau roman, "Manger Bambi", qui devait sortir le 2 avril. J’essaierai de ne pas réitérer l’exploit à chaque date de non-rencontre littéraire prévue dans ce qui ressemble désormais, à un agenda fantôme. En principe, le livre paraîtra en janvier 2021, donc haut les cœurs. C’est encore loin, mais ça me permet de m’organiser mentalement et d’avancer dans mon nouveau projet. Certains auteurs ont eu la malchance de voir leur trésor longtemps peaufiné sortir juste avant le confinement, ils vivent des moments bien plus difficiles que moi. Une pensée pour eux."

 

Le confinement vous inspire-t-il des histoires, des idées de futurs romans ?

C.D.M : "En ce qui me concerne, je vis le confinement comme un confinement et non pas comme une sorte de retraite spirituelle, encore moins comme un conte de fée. Je n’ai ni journal ni poésie de confinement à partager. Et si je suis tout à fait en mesure d’envisager le potentiel humoristique et tragique de la situation, pour le moment, elle m’inspire trop de colère pour me donner envie d’écrire. J’ai peur que le confinement abîme beaucoup de gens, malheureusement, surtout parmi les populations les plus fragiles."

Pensez-vous que le coronavirus va entrainer des changements dans l’industrie du livre ?

C.D.M : "Dans l’industrie du livre et pas seulement celle-ci. Mais évidemment, pour tous les acteurs de la chaîne du livre, la reprise sera très difficile. Il faut espérer que les lecteurs qui achetaient en librairie ne s’habitueront pas trop à acheter en ligne. Je crains surtout qu’un certain nombre de petits éditeurs et de libraires ne mettent la clef sous la porte au sortir de cette crise, qui dure. Une pensée pour eux."

Quelle sera la première chose que vous ferez en sortant ?

C.D.M : "Aller enfin me racheter "Le Hussard sur le toit" de Giono dans ma librairie de quartier. J’ai un exemplaire qui dort dans une caisse de déménagement, mais laquelle et où ? Dans mon souvenir, c’est un livre magnifique, et qui fait du bien au cœur. D’ailleurs, je le fais lire à mes étudiants ; j’espère qu’ils seront de mon avis."

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