Pour l'hôte de Sous couverture, un room service 100% féminin

Éric-Emmanuel Schmitt et Thierry Bellefroid en compagnie des deux chroniqueuses de la semaine, Marie Vancutsem et Lucile Poulain
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Éric-Emmanuel Schmitt et Thierry Bellefroid en compagnie des deux chroniqueuses de la semaine, Marie Vancutsem et Lucile Poulain - © Tous droits réservés

Pour cette première du nouveau magazine littéraire de la RTBF, Sous couverture, le parrain n’était autre que l’auteur franco-belge Éric-Emmanuel Schmitt. L’auteur à succès y présentait son dernier ouvrage, en compagnie de Thierry Bellefroid.

Le nouveau roman de la rentrée littéraire d’Éric-Emmanuel Schmitt s’intitule "Journal d’un amour perdu" et est paru chez Albin Michel. Le livre, en quelques mots…

Maman est morte ce matin et c’est la première fois qu’elle me fait de la peine.

Pendant deux ans, Eric-Emmanuel Schmitt tente d’apprivoiser l’inacceptable : la disparition de la femme qui l’a mis au monde. Ces pages racontent son " devoir de bonheur " : une longue lutte, acharnée et difficile, contre le chagrin. Demeurer inconsolable trahirait sa mère, tant cette femme lumineuse et tendre lui a donné le goût de la vie, la passion des arts, le sens de l’humour, le culte de la joie. Ce texte explore le présent d’une détresse tout autant que le passé d’un bonheur, tandis que s’élabore la recomposition d’un homme mûr qui n’est plus " l’enfant de personne ". Éric-Emmanuel Schmitt atteint ici, comme dans La nuit de feu, à l’universel à force de vérité personnelle et intime dans le deuil d’un amour. Il parvient à transformer une expérience de la mort en une splendide leçon de vie.

 

Pour cette première, le "room service" était constitué de deux chroniqueuses de choc… Et de charme ! La bien connue Marie Vancutsem et Lucile Poulain, "madame premiers romans", étaient appelées pour proposer chacune deux ouvrages à l’invité.

« Les petites reines » de Clémentine BEAUVAIS, aux éditions J’ai Lu.

À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont le malheur d’avoir gagné le "concours de Boudins" de leur collège de Bourg-en-Bresse, terminant respectivement Boudin d’Or, d’Argent et de Bronze. Comme elles n’ont pas l’intention de se lamenter sur leur sort, elles décident d’organiser un grand voyage à vélo, direction Paris, l’Élysée. L’idée ? Torpiller la garden-party du 14 Juillet ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attirerait l’attention des médias… Un road-trip déjanté et comique, 100% made in France, avec de la vraie cuisine du terroir et des colorants naturels.

« Kallocaïne » de Karin BOYE, aux éditions Hélios.

Dans une société où la surveillance de tous, sous l’œil vigilant de la police, est l’affaire de chacun, le chimiste Leo Kall met au point un sérum de vérité qui offre à l’État Mondial l’outil de contrôle total qui lui manquait. En privant l’individu de son dernier jardin secret, la Kallocaïne permet de débusquer les rêves de liberté que continuent d’entretenir de rares citoyens. Elle permettra également à son inventeur de surmonter, au prix d’un viol psychique, une crise personnelle qui lui fera remettre en cause nombre de ses certitudes. Et si la mystérieuse cité fondée sur la confiance à laquelle aspirent les derniers résistants n’était pas qu’un rêve ?

On considère "Kallocaïne", publié en 1940 en Suède, comme l’une des quatre principales dystopies du XXe siècle avec "Nous autres" (Evgueni Zamiatine, 1920), "Le Meilleur des mondes" (Aldous Huxley, 1932), et 1984 " (George Orwell, 1948).

 

« J’ai des idées pour détruire ton égo » d’Albane Linÿer, aux éditions du Nil.

Léonie, 27 ans, a le flegme pragmatique. Elle travaille chez McDo pendant la journée, garde la petite Eulalie le soir et se laisse porter par la vie. C’est souvent l’image d’Angela qui lui vient quand elle ferme les yeux et se laisse aller à une douce rêverie ou à des fantasmes plus crus – car Léonie a souvent la dalle. Le jour où elle se retrouve avec Eulalie sur les bras, elle met les voiles, direction le sud de la France où, croit-elle, Angela, se languit depuis dix ans…

Avec J’ai des idées pour détruire ton ego, Albane Linÿer nous offre un premier roman troublant sur le désir et ses limites. Quand la colère et la vengeance se substituent à l’amour, ne restent plus que les idées pour détruire l’ego de l’autre et la fuite en avant pour oublier.

« Ici n’est plus ici » de Tommy ORANGE, aux éditions Albin Michel.

À Oakland, dans la baie de San Francisco, les Indiens ne vivent pas sur une réserve mais dans un univers façonné par la rue et par la pauvreté, où chacun porte les traces d’une histoire douloureuse. Pourtant, tous les membres de cette communauté disparate tiennent à célébrer la beauté d’une culture que l’Amérique a bien failli engloutir. À l’occasion d’un grand pow-wow, douze personnages, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, vont voir leurs destins se lier. Ensemble, ils vont faire l’expérience de la violence et de la destruction, comme leurs ancêtres tant de fois avant eux.

Débordant de rage et de poésie, ce premier roman, en cours de traduction dans plus d’une vingtaine de langues, impose une nouvelle voix saisissante, véritable révélation littéraire aux États-Unis. "Ici n’est plus ici" a été consacré "Meilleur roman de l’année" par l’ensemble de la presse américaine.

Enfin, le coup de cœur de Thierry Bellefroid s’intitule « Ici ou ailleurs » de Jean ECHENOZ et Guy DELISLE, aux éditions de l’Association, un objet graphique autant que littéraire.

Rencontre au sommet entre Guy Delisle (Fauve d’or en 2012) et Jean Echenoz (prix Médicis en 1983 et Goncourt en 1999). Accordant tous les deux une grande importance à l’environnement et l’atmosphère des lieux dans lesquels ils placent leurs récits, c’est la Corée du Nord, respectivement à travers Pyongyang, et Envoyée spéciale, qui a amené les deux auteurs à se rencontrer. Et c’est à Marseille, pour le festival Oh les beaux jours ! En 2018, qu’est né le projet "Ici ou Ailleurs". Guy Delisle propose une promenade au gré des rues citées dans l’œuvre d’Echenoz, en illustrant de son trait précis et ses gris légers les textes au style réputé minimaliste de l’écrivain. Dans un même mouvement, au travers de la graphie manuelle, les traits de l’écriture rejoignent les traits du dessin. À Paris souvent, mais pas seulement, les décors volontairement déserts évoquent sans les figer les scènes qui s’y déroulent, et permettent au lecteur d’y pénétrer et de s’approprier les lieux.

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