5 livres écrits par des femmes à découvrir, parmi tant d'autres

En cette journée internationale du droit des femmes, Sous Couverture a décidé de lutter à sa façon contre l’invisibilisation de celles-ci. En littérature, comme dans toutes les sphères de la société, le travail des femmes est sous représenté. Évidemment, la mise à l’honneur des ouvrages écrits par la gent féminine ne doit pas avoir lieu uniquement le 8 mars. Reste que cette date est l’occasion de compiler plusieurs récits, d’ici et d’ailleurs, déjà présentés dans notre émission et à (re) découvrir. Voici une liste non-exhaustive d’ouvrages de femmes à partager sans modération pour qu’elles soient – enfin – plus visibles.

"Le jour où le désert est entré dans la ville" de Guka Han aux éditions Verdier

Finalement, personne ne sait comment il y est entré ce désert. Ce roman écrit par l’auteure sud-coréenne Guka Han est une merveille. Tout se déroule dans la ville de Luoes. Vous ne connaissez pas ? Impossible, puisqu’il s’agit simplement de l’anagramme de Séoul. Là-bas, l’ambiance est lynchéenne. Ce recueil de cinq nouvelles vous désarçonne et vous plonge dans un voyage sans fin où les personnes, même quand elles se parlent, ne se comprennent pas. Le tout donne un roman qui vous prend à revers et saura vous marquer durablement.

Guka Han dépeint à sa manière Séoul, une ville noyée dans l’image. Ces mêmes images qui donnent un sentiment de proximité à ceux qui y vivent. Pourtant, ce roman provoque une sensation de solitude dans la multitude. Car " Luoes " est finalement un lieu où chacun semble en exil, incapable de communiquer correctement avec le monde, avec les autres. Guka Han surprend son lecteur avec une facilité folle.

"Une Parisienne à Bruxelles" de Caroline Gravière aux éditions Nevrosée

La collection Nevrosée a eu la brillante idée de (ré) éditer des femmes que la littérature et l’Histoire ont oubliées. Le nom de Caroline Gravière ne vous dit certainement rien. Raison de plus pour s’intéresser à cet ouvrage. Une Parisienne à Bruxelles est un roman épistolaire composé de deux longues lettres que Caroline – fraîchement mariée – envoie à sa mère. Son mari venant d’être muté à Bruxelles, la jeune femme doit composer avec une belle-famille inconnue et une nouvelle ville. Évidemment, rien ne se déroule aisément et ses belles-sœurs semblent déterminées à lui mener la vie dure.

Écrit en 1875, Une Parisienne à Bruxelles n’a pas pris une ride. Pourtant vieux de 150 ans, ce roman de Caroline Gravière respire l’humour et la modernité. En plus d’avoir publié quelques livres, elle s’est également battue pour que les femmes aient une place dans la société, soient éduquées et puissent se libérer du carcan familial.

>> À lire également : "Rentrée littéraire féministe : les 10 livres (voire plus) à dévorer"

"Le consentement" de Vanessa Springora aux éditions Grasset

Depuis la sortie du roman Le consentement de Vanessa Springora, tout le monde parle du tabou qu’il traite et, surtout, de l’auteur français Gabriel Matzneff accusé de pédophilie à plusieurs reprises. Par contre, personne ne parle du livre. De ce qu’il vaut, de son écriture, du talent qu’a Springora et de comment elle décortique un sujet d’une extrême lourdeur. Évidemment, il est indispensable de souligner que cet ouvrage a permis de cesser l’impunité dont bénéficiait Matzneff. Mais il faut surtout marteler à quel point ce récit est excellentissime. Le consentement est à mettre dans les mains de toutes les personnes qui travaillent avec des adolescents.

Vanessa Springora y raconte la mauvaise réaction des adultes qui n’ont pas su jouer leur rôle de protecteurs. Elle y explique comment se crée l’emprise et décompose le profil du pervers dont elle a été victime. Ce roman est d’une importance capitale pour comprendre les relations entre adultes et adolescent.e.s. D’une importance capitale tout court.

"Marche blanche" de Claire Castillon aux édition Gallimard

Il y a dix ans, Hortense, fillette de quatre ans, se fait kidnapper sous les yeux de sa mère impuissante. Après l’enquête et les recherches interminables, les marches blanches s’enchaînent et c’est tout un pays qui se mobilise autour de cette famille. En vain. Démunie, la maman de la petite fille se persuade coûte que coûte que son enfant est toujours en vie. Ces certitudes s’intensifient quand de nouveaux voisins s’installent en face de chez eux. Elle en certaine, l’adolescente de la famille n’est autre qu’Hortense, sa propre fille.

Claire Castillon propose un roman introspectif où il est impossible de distinguer la réalité de la folie de cette mère perdue. A-t-elle basculé complètement ? Cette adolescente est-elle Hortense ? Un ouvrage poignant à la fin presque trop précise…

"Mariage contre nature" de Motoya Yukiko aux éditions Philippe Picquier

L’histoire se déroule dans un Japon contemporain. San n’a pas d’enfants ni de quelconques occupations. Elle passe ses journées, enfermée chez elle à attendre que son rustre de mari rentre du boulot, s’installe dans le canapé et regarde des émissions télés à n’en plus finir. Les deux ne s’aiment pas, mais cohabitent dans une certaine indifférence. Jusqu’au jour où, pendant une fraction de seconde, San interpelle son mari et voit sur son visage tous les éléments tentant de s’enfuir. Les yeux sont décalés, la bouche tombe. En un rien de temps, tout est remis en place. Qu’a-t-il bien pu se passer ?

Lauréate du Goncourt japonais, Motoya Yukiko propose un roman très court à l’écriture délicate. Une sorte de conte poétique et surréaliste. On en ressort amusé.e., dérangé.e., ravi.e. Mais pas indifférent.e.

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