Retour aux sources : Une soirée sur le marché de l'art sous l'occupation

Le marché de l'art sous l'occupation
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Le marché de l'art sous l'occupation - © Tous droits réservés

Elodie de Sélys nous plonge au coeur du marché de l’art sous l'occupation en France. A travers une enquête inédite, on découvre le gigantesque transfert d’œuvres d’art organisé depuis Paris. Un monde où se croisent galeristes, collectionneurs, marchands, dignitaires nazis, commissaires-priseurs, conservateurs ou simples intermédiaires qui font affaire sur fond de lois d’occupation antisémites.

Sous l'Occupation allemande, le marché de l'art est florissant. Près de deux millions objets d’arts furent échangés entre 1940 et 1944. Les marchandises affluent ; certaines issues des spoliations des familles juives. Une semaine après l'entrée des troupes allemandes dans Paris commence la saisie des oeuvres d'art leur appartenant. Le gouvernement de Vichy oblige les galeristes juifs à céder leurs tableaux aux administrateurs provisoires, tandis que les autorités occupantes en confisquent une partie. Dès lors, l'hôtel des ventes de Drouot, qui a interdit " de manière absolue " son entrée aux Juifs, ne désemplit pas. Les ventes des objets d'art atteignent des prix records.

Sur base de l’enquête menée par Emmanuelle Polack en Europe et aux États-Unis, et grâce à des archives jusque-là inexploitées, le documentaire dresse un tableau précis du marché de l'art sous l'Occupation et propose une enquête sur le gigantesque transfert d’œuvres d’art organisé depuis Paris. Une enquête inédite où se croisent galeristes, collectionneurs, marchands, dignitaires nazis, commissaires-priseurs, conservateurs ou simples intermédiaires sur fond de lois d’occupation antisémites confortées par la législation anti-juive mise en place par Vichy. Quelles pratiques et quels réseaux les acteurs du marché de l’art ont-ils mis en place pendant ces cinq années ? Après la guerre, peu de sanctions seront prises. Aujourd'hui, de nombreuses oeuvres n'ont toujours pas été restituées à leurs propriétaires. Elles sont les témoins silencieux de l'Histoire.

"Le marché de l'art sous l'occupation" un documentaire de Vassili Silovic, d’après le livre d’Emmanuelle Polack à voir dans "Retour aux sources" le samedi 03 avril à 21h00 sur la Trois. Suivra le débat et le documentaire Le catalogue Goering : une collection d'art et de sang"

Pour en parler en plateau, elle recevra Kim Oosterlinck, professeur d'histoire économique à l'ULB, et Grégory Desauvage, conservateur au musée des Beaux-Arts (La Boverie Liège).

22h24 : Le catalogue Goering : une collection d'art et de sang

Perdu au milieu des milliers de cartons des archives diplomatiques françaises, un document vient de sortir de l’ombre. Il s’agit du catalogue des œuvres d’art amassées par le numéro deux du régime nazi, Hermann Goering.  

Tourner les pages du catalogue, c'est pénétrer dans un vaste système qui viendra parfois concurrencer la collection tout aussi spoliatrice d’Hitler pour son grand musée de Linz. A chaque ligne on découvre le nom des acteurs qui ont participé à cette vaste entreprise de pillage qui touchera particulièrement les familles juives et dans lesquelles on retrouve les plus grands noms de la peinture européenne.  

Les descendants des victimes témoignent et nous livrent leur combat et leur désillusion. La publication récente du catalogue Goering relance chez elles l’espoir et donne aux familles l’envie de continuer, même si le temps presse et que les mémoires s’effritent. 

Ce documentaire mené comme une véritable enquête policière entre passé et présent, nous conduit aux quatre coins du monde afin de rechercher les témoins, les archives et les traces d’une histoire qui continue, encore aujourd’hui, à tirailler nos consciences et dont les plaies n’en finissent pas de saigner. 

 

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