Retour aux sources : "Manneken swing"

Retour aux sources : "Manneken swing"
Retour aux sources : "Manneken swing" - © LUC DRATWA

Une plongée dans les années 30-40 en Belgique, époque d’engouement pour le jazz dans notre pays. Ecrit par David Deroy et réalisé par Julien Bechara, ce film raconte, au travers de riches images d’archives, l’histoire de Stan Brenders et de son orchestre de jazz de l’INR. A voir le 20 novembre à 22h sur La Une.

Après la grande guerre, la Belgique, petit pays au carrefour de l’Europe, assimile rapidement un nouveau langage venu des Etats-Unis: le jazz.

La grande crise passée, au jeu de la "swing battle", les Belges prennent d’assaut la suprématie des orchestres Anglais. Parmi eux, Stan Brenders. De formation classique, il se fit connaître sur tout le continent comme pianiste, et chef d’orchestre de jazz, pendant l’âge d’or de la radio, du swing, et des big bands. Il connaît alors une destinée internationale à partir de 1936, grâce à la radiodiffusion, et à la création du grand orchestre jazz de la radio belge, l’INR.

Pendant l’Occupation, le jazz, musique noire, américaine, juive et anglophile, officiellement interdite en Allemagne, est à son apogée. Les artistes, coupés de l’Angleterre, et des Etats-Unis, doivent créer, et penser par eux-mêmes. C’est une des époques les plus fertiles que le royaume eut jamais connue musicalement. Pendant laquelle ce petit pays, au centre de la carte, allait rayonner sur toute l’Europe en guerre, grâce à ses "big bands", et à ses chefs d’orchestres, emblématiques, dont Brenders.

Mais c’est aussi une des époques les plus controversées. Pour avoir joué du jazz pendant la guerre sur les ondes allemandes, pendant l’Occupation, Stan Brenders est banni, accusé de haute-trahison et condamné à la disgrâce. Lentement, mais sûrement, celui qui avait été une des personnalités préférées des Belges, une des figures culturelles les plus marquantes de la culture populaire en Belgique disparaît dans l’oubli, et dans la solitude.

Brisé, et privé de ses ressources après la guerre, il a repris l’Archiduc, un établissement dans le quartier de la Bourse à Bruxelles. Au milieu de la pièce, son piano - intact - n’a pas bougé depuis plus d’un demi-siècle. Ce lieu bien connu des amateurs de jazz conserve donc intact le souvenir d’un des plus grands musiciens que la Belgique ait connue.

 

Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK