Retour aux sources : Les marchands d'Hitler - Inédit

En novembre 2013, la découverte d'une collection fabuleuse de tableaux à Munich stupéfie le monde : par quel miracle, le vieux collectionneur Cornelius Gurlitt a-t-il réussi à occulter derrière les boîtes de conserves de son appartement, 1500 dessins, peintures et toiles de maîtres acquis en grande partie sous le IIIème Reich par son propre père Hildebrand Gurlitt, marchand d'art d'Hitler ?

Dans son documentaire de 60 minutes, Stephane Bentura nous entraîne sur les traces des marchands d'Hitler, ces érudits qui ont pactisé avec les Nazis. Dans les années 1930, Hildebrand Gurlitt aurait pu faire partie des victimes : d'une lointaine origine juive, il est spécialiste de l'art moderne que les Nazis détestent. Cela ne l'empêche ni d'acheter chez des Juifs en détresse, ni de profiter de ses accointances avec les nazis pour s'enrichir. Le parcours de Gurlitt nous fait revivre la folie totalitaire haineuse de Goebbels et Hitler, qui ont déclaré la guerre à l'art moderne "dégénéré" des peintres juifs, communistes, russes. Sur les traces de Gurlitt, le film nous emmène ensuite dans le Paris occupé : à partir de la capitulation française en 1940, le marché de l'art français profite à plein de la manne allemande. Gurlitt est un assidu de l'hôtel Drouot, interdit aux Juifs, alimenté par les confiscations antisémites et les ventes forcées.

Après 2 ans d'interrogatoires entre les mains des Monuments Men de l'armée américaine, Gurlitt père finira sa vie à Düsseldorf, exposant sans vergogne ses tableaux spoliés. Secrets trop lourds à porter, sentiment de culpabilité ? Cornelius le fils maudit s'était engagé à rendre les pièces spoliées : mais à l'hôpital où il est mort en mai 2014, on a retrouvé une énième toile de maitre dans sa petite valise.

 

Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK