"La Neutralité suisse, l'art de la prospérité " (série "Les coulisses de l'Histoire)

"La Neutralité suisse, l'art de la prospérité " (série "Les coulisses de l'Histoire)
"La Neutralité suisse, l'art de la prospérité " (série "Les coulisses de l'Histoire) - © Tous droits réservés

L'Histoire nous a légué de la Suisse l'image d'un pays au-dessus de tout soupçon, ayant contre vents et marées défendu une neutralité exemplaire. Et pourtant ! Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Suisse s'est écartée de ses valeurs légendaires et la bonne marche des affaires a souvent prévalu sur toute autre considération. Ainsi, elle a réussi à préserver sa neutralité en s'arrangeant avec ses principes les plus fondamentaux, mais à quel prix !

3 septembre 1939, tous les cantons helvètes vibrent au son du tocsin. L’Europe sombre dans le deuxième conflit mondial et comme tous ses voisins, la Suisse est sur le pied de guerre. 430 000 de ses concitoyens sont appelés sous les drapeaux, prêts à défendre la Patrie. Pourtant, la Suisse se sait démunie. Aussi disciplinées qu’elles soient, ses troupes mal armées, ne sont pas en mesure de repousser un éventuel assaut allemand. De plus, faute de ressources suffisantes, l’économie helvétique dépend en partie de ses importations, pour le ravitaillement comme pour les matières premières. La Confédération va alors s’efforcer de maintenir des liens économiques avec ses partenaires, tout en essayant de ne pas trahir sa traditionnelle neutralité. 

Des entreprises helvètes s’engagent sans remord dans l’effort de guerre allemand. Certaines fournissent même des produits hautement stratégiques au régime nazi. D’autres franchissent allègrement la ligne rouge, comme IG Farben qui n’hésite pas à employer des internés d’Auschwitz pour construire une centrale électrique. Cet accommodement éclabousse même le très humaniste Comité international de la Croix-Rouge qui, en plus de dépêcher des missions sanitaires pour soutenir la Wehrmacht sur le front de l’Est, manifeste une surprenante passivité à l’égard de l’extermination des Juifs d’Europe. Une attitude qui provoque l’indignation des Alliés lorsqu’en juin 1944 une délégation de la Croix-Rouge visite le camp de Terezin et ne trouve rien à redire alors même que les crimes nazis lui sont connu depuis 1941.

L’image d’une Suisse campée dans sa neutralité durant la Seconde Guerre mondiale résiste pourtant à l’usure du temps. En 2002, cette impunité sera néanmoins sévèrement mise à mal par la publication du rapport Bergier dont les 11 000 pages sont accablantes. En réponse, Berne versera 1,25 milliard de dollars puis fera à nouveau le choix du silence, estimant avoir soldé ses comptes avec l’Histoire. Alors même que le pays dispose enfin du matériel historique pour avoir un débat serein sur cette période sombre, il refuse de le tenir. Dommage…

"La Neutralité suisse, l'art de la prospérité " à voir dans Retour aux sources le samedi 17 octobre 21h00 sur la Trois

 

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