"Retour aux sources" vous propose un nouveau regard sur la décolonisation britannique

La décolonisation britannique : l'art de filer à l'anglaise à voir dans Retour aux sources
La décolonisation britannique : l'art de filer à l'anglaise à voir dans Retour aux sources - © Tous droits réservés

Elodie de Sélys vous propose un nouveau documentaire de la collection "Les coulisses de l'Histoire" consacré cette fois à la décolonisation britannique. La postérité nous a légué de la fin de l’Empire britannique l’image d’une décolonisation exemplaire. Ainsi, le gouvernement de Sa Majesté aurait su anticiper le vent de l’histoire et assurer aux peuples placés sous sa domination, une transition pacifique vers l’indépendance. Et pourtant ! Entre répression aveugle, manipulations politiques et départs anticipés, la couronne n’a lâché ses joyaux coloniaux qu’au prix des larmes et du sang.

Le 24 mars 1947, Lord Mountbatten est intronisé Vice-roi des Indes dans un faste éblouissant. Alors que l’émancipation de 410 millions d’indiens est programmée, la couronne britannique tente de sauver les apparences en brillant de tous ses feux. Cinq mois de discussions entre les forces en présence aboutissent à un découpage arbitraire du territoire entre le Pakistan et l’Inde avec des conséquences désastreuses. Des violences qui sont reléguées au second plan par l’adhésion des deux nouveaux États souverains à la grande communauté du Commonwealth. Un arrangement qui ne va pas sans arrière-pensées. Mais déjà la Malaisie et le Kenya s’enflamment à leur tour. Dans les deux cas, la violence extrême de la répression qui s’abat est occultée par une diabolisation "de l’ennemi" et par une machine de propagande redoutable qui permet aux autorités de maîtriser le récit des événements. En 1956, la Grande-Bretagne échoue à rétablir son aura impériale après avoir été obligée d’abandonner le canal de Suez par les deux nouveaux maîtres du monde : l’URSS et les États-Unis. Le nouveau Premier ministre, Harold Macmillan, demande un "audit d’empire", pour évaluer le poids économique du maintien des colonies, car il sait que le pays n’a plus les moyens de poursuivre sa politique impérialiste. Il est prêt à y renoncer, à condition de restaurer le prestige national. Une décision mal vue par l’armée.

En 1967 au Yémen, des unités britanniques renégates défient le gouvernement et s’adonnent à une répression féroce, obligeant la Grande-Bretagne à prononcer son retrait. En Rhodésie du Sud, c’est au tour de la communauté blanche de faire sécession et d’instaurer un régime d’apartheid. Incapable de mettre au pas ses sujets, la couronne est condamnée à accepter l’aide du Commonwealth pour aboutir à un accord qui donne lieu à la naissance du Zimbabwe. Après la perte de sa dernière colonie africaine, l’Empire britannique voit son ère s'achever. Et le dernier sursaut impérialiste de Margaret Thatcher aux Malouines n’y change rien. Jusqu’à aujourd’hui, la décolonisation demeure un traumatisme dans ces pays déstabilisés par leur ancien maître colonial tandis qu’au Royaume-Uni, la nostalgie prend le pas sur un travail de mémoire pourtant nécessaire.

"La décolonisation britannique : l'art de filer à l'anglaise" un documentaire de Deborah Ford à voir dans "Retour aux sources" le samedi 27 février à 21h00 sur la Trois, et à revoir sur Auvio jusqu'au 28 mai !

Le documentaire de Deborah Ford revient sur la transition sanglante et revisite cette histoire avec un nouveau regard. Pour aborder cette question importante également pour la Belgique, Elodie recevra en plateau Bob Kabamba, professeur de science politique à l’Université de Liège, spécialiste des questions de colonisation et décolonisation, et Mehdi Khelfat, responsable éditorial monde à la RTBF.

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