"Retour aux sources" revient sur le parcours du pape Jean Paul II, le pape de la modernité?

Collection "Les coulisses de l'histoire" - Jean Paul II
Collection "Les coulisses de l'histoire" - Jean Paul II - © Tous droits réservés

L'histoire a gardé de Jean-Paul II, l’image d’un " athlète de Dieu ". En accomplissant un travail d’Hercule, il aurait restauré en l’espace d’une décennie la souveraineté d’une Église durement éprouvée par les affres du XXème siècle. Pape planétaire au charisme d’une superstar, Jean Paul II aurait fait rentrer le catholicisme dans la modernité.

16 octobre 1978. Une fumée blanche s’échappe de la basilique Saint-Pierre de Rome. Habemus Papam ! Mgr Karol Wojtyla est le premier pape non-italien depuis près de 400 ans, une révolution ! Prenant le nom de Jean-Paul II, le souverain pontife est porté par une double ambition : restaurer une Église ébranlée par le concile Vatican II et renforcer sa présence dans la société en accomplissant sa mission évangélisatrice. Dès la messe qui inaugure son pontificat, son célèbre discours " N’ayez pas peur " va résonner bien au-delà des limites du Vatican. En 1979, son premier voyage en Pologne déchaîne un si vif enthousiasme qu’il ébranle le système. Mais son programme est en deux poids deux mesures car si le Souverain Pontife s’oppose à l’autoritarisme soviétique en Europe, son discours est tout autre sur le sous-continent américain. En 1982 à Buenos Aires, le pape salue le général Galtieri, le dictateur argentin, mais refuse de rencontrer les organisations humanitaires qui ont sollicité une audience. Cinq ans plus tard, lors d’un déplacement au Chili, alors qu’il célèbre une messe, il ferme les yeux sur la répression sanglante des opposants à Pinochet organisée par le dictateur.

Qu’importe les moyens, la politique d’évangélisation du Saint Père rencontre un incroyable succès ; à l’image du triomphe des journées mondiales de la jeunesse de Manille en 1995 qui réunissent plus de 5 millions de fidèles. Mais alors que l’euphorie gagne les stades du monde entier où les fidèles assistent aux messes de ce pape superstar, le Vatican peine à cacher un scandale qui s’apprête à éclabousser durablement son image. En 2002, le journal le Boston Globe dévoile que l’Église a couvert les prêtres ayant abusé sexuellement de dizaines de milliers d’enfants aux États-Unis. Le souverain pontife ne dit mot et garde le cap de sa politique rigoriste ne remettant en aucun cas en cause la sacro-sainte curie de l’Église. Un silence qu’il prolonge jusqu’à la fin de sa vie. Affaibli par la maladie de Parkinson, Jean Paul II offre alors au monde la figure d’un martyr, terrassé par la souffrance. Lors de son décès en 2005, la presse rend hommage à son courage et son abnégation qui ont rendu possible la restauration de la grandeur d’une institution en perte de sens et sa canonisation en 2014, balaye une dernière fois les impasses de son pontificat.

Jean-Paul II, le triomphe de la réaction (Collection "Les coulisses de l'histoire") de Christiane Ratiney à voir dans "retour aux sources" le samedi 10 octobre à 21h00 sur la Trois.

Pour en parler en plateau, Elodie de Sélys reçoit Vincent Genin, chercheur en Histoire (KUL et EPHE de Paris) ainsi que l'Abbé Éric de Beukelaer, vicaire général du diocèse de Liège.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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