Un refuge pour les toxicomanes à Liège au centre d’un documentaire

Installée dans des préfabriqués au cœur de Liège, la "salle de consommation à moindre risque ", accueille les usagers chaque jour de l’année. Suivant des règles bien précises, ils peuvent y consommer dans un cadre bienveillant et sécurisant. Avec beaucoup de sensibilité et de pudeur, la réalisatrice Alexandra Kandy-Longuet nous fait découvrir ce refuge, jusqu’ici unique en son genre en Belgique.

" Le refuge, chasser les dragons ", un film de Alexandra Kandy-Longuet à ne pas manquer dans l’émission Regard sur le lundi 29/11 à 20h30 et à revoir sur Auvio

Ouverte à Liège en septembre 2018 pour lutter contre la toxicomanie de rue, l’unique salle de consommation à moindre risque est ouverte 7 jours sur 7. Après une fermeture de quelques semaines en septembre dernier, la ville de Liège a réitéré son soutien à l’association qui la gère et elle a repris ses activités.

c’est si important de pouvoir parler à des gens sans être jugé ou catalogué, le respect c’est une preuve d’existence 

Ce refuge compte en moyenne 50 passages par jour. L’accueil est assuré par un personnel professionnel, chaleureux, bienveillant et à l’écoute. Ici les gens ont un prénom, une histoire. La plupart sont des habitués. Certains vivent à la rue. Une détresse psychologique, une perte d’emploi, une rupture familiale et puis la rue et la drogue pour oublier : un cercle infernal dont il est parfois si difficile de sortir.

Dehors, c’est la jungle " raconte l’un d’eux. Dans le centre pour SDF où je suis, il y a de la consommation partout. Je sais que la consommation me fait plus de tort que du bien, ça m’évade mais c’est éphémère. Mais le problème c’est que le produit est plus fort que tout ". La plupart parlent de cet engrenage infernal. On ressent leur besoin pressant de parler, de se livrer, d’être écoutés. Ils racontent les galères et les dégâts de la dépendance, les galères de la rue, les galères de la vie, les vies brisées, les enfances cassées… Ils racontent les difficultés en cascade et la drogue à laquelle ils s’accrochent pour échapper à la dureté de la réalité. Avec, en face d’eux, toujours cette même écoute sincère, bienveillante et sans jugement. " Rien que le fait d’avoir une oreille à qui parler, c’est beaucoup ! De pouvoir parler à des gens sans être directement jugé ou catalogué, c’est si important, le respect c’est une preuve d’existence " dira l’un d’eux.

Outre une écoute attentive, le personnel offre aussi une aide de première ligne : une aide pour trouver un logement, une assistance médicale ou sociale, une aide pour organiser une cure si l’usager est demandeur. Longtemps, face à la toxicomanie, la société a eu tendance à réprimer plutôt qu’à soigner. Et pourtant… dans ce refuge pas comme les autres, prendre soin d’abord apparaît comme une évidence. Première du genre en Belgique, cette salle de consommation de Liège en a inspiré d’autres et un projet similaire va voir le jour d’ici la fin de l’année à Bruxelles.

A Bruxelles, comme à Liège, les autorités de la ville sont convaincues que ce type de projet permettant un accompagnement social et sanitaire des usagers de drogue, est salutaire et nécessaire. Pour François, Vincent, Johny et les autres qui fréquentent la salle installée au cœur de Liège, c’est un refuge inespéré. Outre le fait de pouvoir consommer en toute sécurité, c’est un endroit où ils peuvent panser leurs plaies et se réchauffer, au propre comme au figuré. Un endroit où ils se sentent être quelqu’un.

Produit par Dérives en coproduction avec le CBA-Centre Audiovisuel à Bruxelles et la RTBF

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