“Starbucks sans filtre” : l’envers du décor d’une chaîne de café mondialement connue

Starbucks est partout avec les mêmes produits standardisés. Mais comment des petits cafés sont-ils devenus une chaîne multinationale présente aux quatre coins du monde ? Et Starbucks est-elle vraiment une société équitable et sociale comme elle le dit ?  Pendant un an, Luc Hermann et Gilles Bovon ont enquêté sur le géant mondial du café. Et la réalité est moins " cool " que l’image vendue par la marque à la sirène.

Un documentaire de Luc Hermann et Gilles Bovon à voir en replay sur Auvio jusqu'au 5 mars !

Originaire de Seattle aux Etats-Unis, Starbucks c’est aujourd’hui plus de 28.000 enseignes implantées dans plus de 75 pays et quelque 350 000 employés. Symbole de la mondialisation, la chaîne de café américaine est ce que l’on appelle une belle success story. Et pourtant … " Starbucks, c’est l’histoire d’illusionnistes géniaux qui ont bâti un empire sur une promesse qui ne serait que de la poudre aux yeux ". Le ton est donné. Clients, concurrents, experts, anciens cadres supérieurs ou encore employés de la marque, nous racontent la véritable histoire de Starbucks.

Tout commence en 1971.  Trois jeunes amis, qui en avaient marre du mauvais café et des produits standardisés à l’américaine, décident de monter une petite chaîne pour proposer des produits de qualité à un prix assez élevé. L’entreprise déjà élitiste prend un tournant dans les années 80, quand l’ancien directeur marketing rachète la marque et met au point une recette encore plus lucrative. La petite boutique du début devient une multinationale, un empire créé grâce à une campagne marketing très efficace et basé sur une image de marque largement trafiquée. Un expert nous explique qu’aux Etats-Unis, boire son café devant son Mac dans un Starbucks c’est l’image de la réussite. Les clients n’achètent pas que du café mais aussi une image sociale. Le café y est vendu comme si c’était du haut de gamme mais c’est en réalité un produit fastfood. La plupart des boissons café Starbucks contiennent plus de sucre qu’une cannette de soda.

On fait le travail de 5 personnes en même temps, on court comme des poulets sans tête 

Starbucks se vend aussi comme une entreprise généreuse et sociale. Encore une fois, ce film nous révèle que la réalité est moins rose. La course effrénée à la rentabilité met les employés sous pression. " On sert les cafés et on nettoie aussi les toilettes, on fait le travail de 5 personnes en même temps, on court comme des poulets sans tête " raconte un ancien employé qui dit n’avoir jamais eu un job aussi rude. La politique sociale pratiquée par l’entreprise est également discutable. Les bénéfices de la société sont colossaux. Et les boutiques se multiplient partout dans les villes écrasant la concurrence. Sur tous les continents, des nouveaux cafés Starbucks s'ouvrent sans cesse. Pour améliorer son image, la multinationale prétend s’être convertie au commerce équitable. Mais à y regarder de plus près, c’est bien moins équitable qu’il n’y paraît ! Autre face sombre : les " petits arrangements " avec le fisc. La filiale du géant américain implantée en Europe s’est retrouvée au cœur d’un scandale d’optimisation fiscale. Et en 2015 l’entreprise a été condamnée par la commission européenne pour concurrence déloyale.

Starbucks reste le maître de l’illusion!

Mais les polémiques n’affaiblissent ni l’image ni la croissance du géant du café qui continue à très bien se porter. A travers une démonstration méthodique et implacable, ce documentaire efficace et très bien réalisé, nous révèle le double visage d’une multinationale. " Starbucks reste le maître de l’illusion! "

Production : Arte France / Premières Lignes

Ce documentaire sera suivi du documentaire San Francisco, capitale du monde 3.0, une autre enquête édifiante menée aux Etats-Unis réalisée par Antoine Dufeu.

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