Sexe sans consentement : des jeunes femmes brisent le silence

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Julie Morelle propose ce documentaire interpellant dans lequel six femmes racontent cet instant où elles n’ont pas réussi à se faire entendre avant de subir un rapport sexuel non désiré. Depuis, elles ont appris à faire entendre leur voix.

" Sexe sans consentement " : un documentaire de Delphine Dhilly écrit avec Blandine Grosjean à voir en replay sur Auvio dans Regard sur jusqu'au 6 juin !

C’est ce qu’on appelle la zone "grise" de la sexualité, celle du rapport sexuel sans consentement. Avec un courage, une maturité et une lucidité impressionnantes, six jeunes femmes osent briser le tabou. Face caméra, elles racontent cette relation sexuelle dont elles ne voulaient pas. Cette fois où elles n’ont pas osé dire non, ou pas assez fort. Cette fois où elles n’ont pas été entendues, où elles n’ont pas réussi à repousser l’autre. Elles parlent de cet autre qui n’a pas su écouter, comprendre, entendre, décrypter. Un autre qui, sans menace ni violence, est parvenu à ses fins. Un autre qui n’était pas un prédateur inconnu. C’était un ami, un flirt, une connaissance ou un petit-ami. Une histoire qui laisse des traces et sur laquelle il leur a fallu poser des mots.

Natacha a 23 ans. C’était l’été de ses 16 ans lors d’un festival de musique. Elle était jeune, ils avaient un peu bu. L’autre n’a pas entendu son non répété plusieurs fois et il est parvenu à ses fins. Elle a eu mal. C’était la première fois. Il lui aura fallu des années avant d’assimiler. La prise de conscience du machisme ordinaire mais dont il ne s’est pas rendu compte.

Son histoire doit parler à bien d’autres jeunes femmes quand on sait qu’en Belgique une femme sur six est victime d’agression sexiste en festival. Au point par exemple, que le festival Esperanzah! mette en place en 2019 le plan SACHA (Safe Attitude Contre le Harcèlement et les Agressions en milieu festif)

On n’apprend pas, ou pas assez, aux garçons à se poser des questions sur le consentement 

Juliette avait 17 ans, c’était après une soirée chez des amis. Elle était tellement tétanisée qu’elle n’est pas parvenue à dire non quand ce jeune homme est entré dans son lit. Floriane, elle, a eu peur de repousser ce jeune homme à qui elle avait pourtant dit non. Elle n’a pas compris qu’il ne comprenne pas. Par peur, elle s’est résignée. Celia, 20 ans, était tellement sous le choc, elle aussi, qu’elle n’a pas eu la force de s’opposer. Louise, 21 ans, ne comprend pas comment un homme ne sent pas quand il n’y a pas consentement. C’était pourtant un vrai ami celui qui n’avait pas compris pour elle. Son émotion est encore très palpable. " On n’apprend pas, ou pas assez aux garçons à se poser des questions là-dessus " dit-elle.

Les réalisatrices mettent en lumière ces histoires. Pour unique respiration, des silences, des courtes interviews de jeunes hommes et chiffres d’un sondage réalisé en France qui donnent un aperçu des idées reçues sur la notion de consentement.  Des chiffres et des mots qui en disent long. Ainsi 21% des Français estiment que lorsqu’une femme cède quand on la force, il n’y a pas viol. Et 22% des hommes considèrent que lorsqu’une femme dit non, elle veut dire oui. Tout est dit !

Pour ces jeunes femmes qui témoignent, la clé réside dans l’éducation, la communication et surtout la confiance. A quand une éducation au consentement ? Pour changer les lignes il faut réussir à imposer le oui, à le clamer haut et fort, expliquent-elles. Ainsi en retour, le non sera plus facilement entendu, compris et accepté !

A les entendre, on se dit qu'elles, en tout cas, ont tout compris !

Retrouvez également le documentaire réalisé par Anne Richard Me too secoue (aussi) la France en replay sur Auvio jusqu'au 6 juin !

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