RE-FAIRE, des masques, une filière, une industrie : histoire d’une renaissance en temps de Covid

Nous sommes en mars 2020, au début de la pandémie du Covid-19. Alors que les stocks de masques sont vides en Belgique comme en France, à Roubaix, une poignée de femmes et d’hommes va alors tenter de relancer une industrie textile à bout de souffle. Ce documentaire nous raconte cette belle aventure humaine.

RE-FAIRE, des masques, une filière, une industrie : un documentaire de Benjamin Carle & Ella Cerfontaine à voir dans Regard sur le lundi 5 avril à 21h05 sur La Trois et à revoir sur Auvio jusqu'au 5 juillet !

La pénurie de masques, en Belgique comme en France, a fait couler beaucoup d’encre au début de la pandémie du Covid-19 en mars 2020. Nous découvrions alors ahuris, que les stocks des masques étaient vides – en Belgique des stocks avaient été détruits sans être remplacés – et que par ailleurs nous étions devenus incapables de les fabriquer chez nous. Nous étions complètement dépendants. Les effets d’une mondialisation effrénée nous sautaient en pleine figure.  Avec le développement de la crise sanitaire, les masques étaient devenus de plus en plus difficile à trouver. L’OMS avait d’ailleurs recommandé à chaque pays de prendre ses dispositions pour ne pas faire face à une pénurie. En Belgique, comme ailleurs, on tente alors de trouver des solutions en urgence pour pallier ce manque.

C’est dans ce contexte qu’est née cette belle aventure à Roubaix. Située dans le Nord de la France, à deux pas de la frontière belge, la ville de Roubaix a longtemps été un fleuron de l'industrie textile française. Autrefois grande cité ouvrière, le taux de chômage y est aujourd’hui très élevé et Roubaix est une des villes les plus pauvres de France.

Quand arrive le confinement en mars 2020, un groupe d’hommes et de femmes qui ne se connaissaient pas avant se rassemblent autour d’un projet : fabriquer des masques pour équiper en urgence les Français et faire renaître de ses cendres l’industrie textile française. Cette association s’appellera " Résilience ". Ce film nous raconte leur course effrénée qui s’engage alors pour mener à bien leur idée. Sans commentaire et entre images de Roubaix d’aujourd’hui et d’autrefois, on suit cette belle aventure humaine et on y croit avec eux.

Redonner de l’emploi, redonner espoir et confiance dans une ville et une région si durement touchée par la crise.

Il y a d’abord Christophe, l’industriel, qui va diriger les opérations. Il rencontre Thibaut qui gère un groupe d’entreprises sociales. L’idée surgit : faire une alliance entre les acteurs de l’inclusion et les acteurs du textile pour fabriquer des masques en grande quantité. Relocaliser, l’idée est lancée. Se joint à eux, Stéphanie, une Marseillaise, spécialiste du recrutement, habituée à aider les décrocheurs scolaires. Après l’idée, vient la mise en œuvre : trouver le matériel, les machines et les gens. Les premiers masques du projet " Résilience " sont fabriqués dans un garage de Roubaix dès le 1er avril 2020. Fin avril, alors que le gouvernement français s’apprête à rendre le masque obligatoire, la demande explose. Le projet se développe. L’atelier s’agrandit.  " C’est le début de quelque chose " explique Thibaut. Redonner de l’emploi, redonner espoir et confiance dans une ville et une région si durement touchée par la crise.

On assiste en temps réel au rêve de ceux qui ont lancé le projet et qui l’ont vu en grand. Des centaines de machines à coudres sont livrées. Les recrutements s’intensifient. Les personnes engagées sont souvent en grande difficulté. " Résilience " reste un projet social avant tout. Le dynamisme positif qui se dégage de ce projet est réjouissant. Des anciennes couturières apprennent aux plus jeunes. Les jeunes ont envie de travailler et les anciens ont envie de former ! Une machine d’insertion qui fonctionne.

Après les premiers mois d’euphorie, il faut déjà se réinventer. Le commerce des masques jetables avec la Chine a repris. La demande des masques " made in France " s’effondre. Qu’à cela ne tienne, l’équipe de " Résilience " poursuit son idée de relocalisation et se lance dans la fabrication de tee-shirts. Pas simple évidemment de concurrencer les vêtements fabriqués au bout du monde et vendus à bas prix ici. Mais l’équipe ne lâche pas et y croit. En 8 mois le projet " Résilience " et ses ateliers partenaires ont produits plus de 20 millions de masques, dont un million dans l’atelier de Roubaix. Aujourd’hui, 120 personnes y confectionnent des tee-shirts, des bonnets, des tabliers et des sacs en toile pour des marque françaises.

Pour Olympe, Tony, Mohammed et les autres, ce projet leur a permis de trouver du travail, un statut, une dignité.

Production : L'infinie Comédie

 

Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK