"Mon vieux" : un documentaire émouvant d’Elie Semoun sur son père atteint d’Alzheimer

Quand l'humoriste Elie Semoun a pris connaissance de la maladie de son père Paul, il a décidé de filmer les moments qu’ils allaient encore passer ensemble. Cela donne un film très touchant qui raconte la quête de son père Paul Semoun, atteint d'Alzheimer, vers ses souvenirs perdus. Il sera suivi d’un débat animé par Julie Morelle sur la place des aînés dans notre société.

Mon vieux : un documentaire de Elie Semoun et Marjorie Déjardin, à voir en replay sur Auvio jusqu'au 23 mai !

212.000 : c’est le nombre estimé de personnes atteintes de démence en Belgique. Plus de 212.000 personnes et au moins autant d’aidants. Derrière le malade, c’est toute une famille qui est impactée et qui doit apprendre à accepter la lente transformation d’un proche.

Pour conjurer le sort de cette maladie évolutive qui détruit lentement la mémoire de son père Paul, Elie Semoun a décidé de faire un film. Avec une tendresse infinie, il nous emmène avec eux, dans un voyage où les souvenirs se noient dans la maladie d’Alzheimer. Les images de la caméra se mêlent à celles prises sur le vif par Elie Semoum avec son téléphone. On perçoit les signes de la maladie, la désorientation, la perte des repères. On perçoit cette douloureuse conscience du malade que quelque chose ne tourne plus rond : " Je ne suis pas normal, tu crois que je perds la boule ? " demande Elie à son père ...

On passe du rire aux larmes tout au long du film. La caméra capte la relation complice et pleine de rires d’Elie et son père. On comprend mieux la tourmente que cette terrible maladie entraîne chez les proches, les aidants. Ceux qui tentent de mettre un pied dans l’univers surréel du malade, qui veulent avoir des réponses sur leur vie, avant la disparition. On ressort les films et les photos de famille. On évoque les absents qui manquent: la mère d’Elie morte très jeune ou son frère Laurent décédé trop tôt lui aussi. On se plonge dans l’histoire de Paul Semoun, ce juif marocain arrivé en France à l’âge de 25 ans dans les années 60. Pour tenter de repousser l’échéance de la mémoire qui s’efface, Elie emmène son père à Taza, dans le nord-est du Maroc, sur les traces de son passé.  Des souvenirs reviennent, ceux qui sont encore en vie avant qu’ils ne disparaissent à jamais.

Et puis on voit la maladie qui progresse. Les enfants qui préparent leur père à l’idée d’être placé en Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). Le déni du père qui veut garder sa liberté. Le père qui perd la mémoire mais pas sa tête ni son humour et sa lucidité. Sans détour ni tabou, ce très beau film aborde la question si cruciale, aujourd’hui plus que jamais, de la fin de vie des personnes âgées. De nos " vieux " pour reprendre l’expression d’Elie Semoun. Et c’est beau, tendre, triste et drôle à la fois.

Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK