"Le prix de la déraison": regard sur la vie d'après la radicalisation

Le prix de la déraison
3 images
Le prix de la déraison - © Tous droits réservés

 " J’ai le sentiment de sortir des ténèbres " : ces mots sont ceux de Julie, une ancienne djihadiste belge revenue de Syrie. Durant plusieurs années, la réalisatrice Safia Kessas l’a suivie dans son parcours de reconstruction. Son film " Le prix de la déraison " sera suivi d’un débat animé par Julie Morelle sur cette délicate question du retour aux pays de ceux que l’on appelle les " returnees ".

Une soirée Regard Sur à ne pas manquer le lundi 21 septembre dès 21h05 sur La Trois et à revoir  sur Auvio

LE PRIX DE LA DÉRAISON de Safia Kessas

Avec une écriture de cinéma direct et sans commentaire, ce film est une plongée exceptionnelle dans la vie d'après, celle de Julie, une ex-djihadiste belge qui a purgé une peine de prison en Belgique pour avoir rejoint Raqqah et l'État islamique en 2015. Agée de 30 ans, elle est également poursuivie pour enlèvement d'enfant. Elle avait emmené sa fille, alors âgée de 5 ans, avec elle dans son voyage vers la Syrie.

Tout au long du film, on découvre le parcours de Julie. La caméra ne quitte pas la jeune femme. On la suit dans sa famille, dans ses contacts sous surveillance avec sa fille, jusqu’y compris dans les salles de prétoire. Elle  témoigne à visage découvert, se montre telle qu’elle est et raconte sa lente reconstruction. On voit comment elle tente aujourd'hui de réparer ses erreurs, elle essaie de retrouver le cours d'une vie "normale" et se bat pour retrouver son rôle de mère.

Comment est-elle encadrée par les structures judiciaires, quelles sont les conditions de libération auxquelles elle doit se soumettre, comment les institutions de la jeunesse l'accompagnent dans le retissage du lien avec sa fille ? Quel regard porte-t-elle sur son passé de djihadiste et comment s'est-elle désengagée de la radicalisation violente ? Petit à petit, au fil du récit, ce documentaire aborde des questions aussi cruciales qu’interpellantes.

Si elle accepte de témoigner à visage découvert, ce qui n’était pas du tout le cas au départ de notre rencontre, c’est bien pour que son échec serve à quelque chose, et pour dissuader d’autres jeunes de se tourner vers l’Islam radical. Julie n’hésite plus à critiquer l’Etat islamique et ses combattants. C’est une repentie, définitivement. Ce film s’inscrit profondément dans un message d’espoir. Les frustrations, la haine et les rancoeurs peuvent laisser place à de nouvelles perspectives. Julie peut à son tour souhaiter devenir utile à notre société et nous aider à comprendre ce qui a cloché. Safia Kessas

Un documentaire produit par AT Production - en coproduction avec 416 et LCP – Assemblée nationale

Regard sur les « returnees » : le débat

Qui sont ces anciens djihadistes revenus au pays ? Représentent-ils une menace pour la Belgique ? Ont-ils abandonné leur idéologie ? Comment sont-ils suivis ? Comment assure-t-on le suivi à la sortie de prison ? Qu’en est-il du sort à réserver à ceux qui sont toujours détenus dans des camps en Syrie et à leurs enfants ? Comment accompagner les familles pour que les chances de réinsertion soient optimales ?

Autant de questions que Julie Morelle abordera avec ses invités : Bernard Devos, Délégué général aux droits de l’enfant, Alain Grignard, ex-policier fédéral spécialisé en terrorisme, Annie Devos, Administratrice générale des Maisons de Justice, Fabienne Brion, criminologue à l’UCLouvain, ainsi que Samira, la maman d’une ex-djihadiste toujours coincée avec ses enfants en Syrie.

Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK