Une commune sur deux en manque de généralistes

Une commune sur deux manque de généralistes
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Une commune sur deux manque de généralistes - © Tous droits réservés

Le constat est alarmant: le manque de médecins généralistes se fait sentir dans plus d'une commune sur deux. Pendant que le nombre de médecins diminuent, les patients, eux, sont toujours bien là.

Lincent est une commune de la région liégeoise déclarée officiellement en pénurie de médecins par la Région Wallonne. Deux médecins pour 3200 habitants, c'est peu. Et Lincent n'est qu'un exemple parmi d'autres.

Les généralistes en exercice sont aujourd’hui surchargés, au bord du burn-out et la relève ne semble pas se presser au portillon. C’est une pénurie qui pourrait bien empirer dans les années à venir. Selon Etienne De Clercq, président du centre d’information sur les professions médicales (UCL), "tous les indicateurs montrent que l'on va vers une situation encore plus compliquée."

Un quart des médecins généralistes en activité a dépassé l'âge de la retraite. Et aujourd'hui, il faudrait près de deux jeunes médecins pour remplacer un médecin de 55 ans puisque les aspirations ont changé. Les jeunes travailleurs privilégieraient davantage leur vie privée et ne souhaiteraient plus consacrer tout leur temps à leur patientèle comme cela pouvait être le cas avant.

 

Où sont passés les médecins ?

Il faut dire que la médecine générale n'est pas la plus "glamour" des spécialisations et ne fait pas toujours rêver les étudiants contrairement à la chirurgie, l'ophtalmologie ou encore la dermatologie. Seuls 30% des étudiants en médecine choisissent de s'orienter au final vers la médecine générale.

Et lorsque l'on parle de pénurie de médecins, la délicate question des quotas d'accès à la profession interpelle. Instaurés en 1997, à une époque où il y avait trop de médecins généralistes, les quotas ont fait leur job et aujourd'hui la tendance s'est inversée. Alors pourquoi les maintenir? Cet accès incertain à la profession est devenu l'une des inquiétudes principales des étudiants en médecine. Même s'ils réussissent, les aspirants médecins n'ont pas la garantie de recevoir leur "permis d'exercer": le fameux numéro INAMI. Alors certains jeunes décident de s'expatrier pour réaliser leur rêve professionnel.

Depuis 2000, il est possible de réaliser des études de médecine en français à l'université de Cluj en Roumanie. Actuellement, 900 francophones y étudient pour 5000€/an soit six fois le minerval belge! Mais contrairement aux étudiants des universités belges, ces futurs médecins ont la garantie de recevoir un numéro INAMI à leur retour en Belgique. C'est l'Europe et ses règles de libre circulation des travailleurs qui veut ça. D'ailleurs récemment, un rapport du SPF Santé publique révélait que 41% des numéros INAMI accordés en Communauté française en 2015 ont été attribués à des médecins étrangers.

L'enquête "Où sont passés les médecins?" d'Aurélie Fogli et Stéphanie Desmedt pour Questions à la Une est à voir et revoir sur AUVIO en cliquant ici.

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