"Flamandisation" de la Belgique: mythe ou réalité?

Notre journaliste a épluché toutes les compositions des commissions parlementaires, des SPF… et le constat est sans appel : beaucoup de postes clés de notre pays sont aux mains des néerlandophones avec parfois des conséquences sur la population francophone du pays.

Des postes clés aux mains des Flamands

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"Flamandisation" de la Belgique: mythe ou réalité? © Tous droits réservés

Le Premier ministre est un francophone mais, mis à part les Affaires étrangères, les portefeuilles majeurs sont entre les mains de Flamands. Et cette disparité va bien au-delà de la composition du gouvernement.

Pour le premier coup de sonde, Annick Capelle s’est intéressée à la sécurité publique en Belgique et le premier constat est déjà interpellant : le directeur de l’OCAM, le patron de la sûreté de l’Etat, le chef du Service Général du Renseignement et de la Sécurité, le président du Comité P, le directeur du Centre pour la cybersécurité, tous sont Flamands. Face à cette déferlante flamande, deux francophones : le patron du Comité R et le procureur fédéral. Ils font figure d’exception.

Et le constat ne s’arrête pas là. Quand on fait la liste les différentes Commissions parlementaires liées à la sécurité nationale, on hallucine. La Commission Justice est présidée par un francophone. Mais à la tête de la Commission terrorisme, c’est un Flamans. La Commission Achats militaires, également présidée par un Flamand, Commission du Comité P et R : un Flamand, Commission Défense, une Flamande, Commission Intérieur, un Flamand, Commission Attentats terroristes : un Flamand : et quasi tous membres du même parti : la N-VA.

Dans d’autres secteurs importants de notre pays comme la Mobilité, la Défense, la Santé ou la Recherche scientifique… le constat est presque similaire. D’après le Gerfa, le Groupe d'étude et de réforme de la fonction administrative, si on pondère, les Flamands coiffent jusqu’à 75% des Services Publics Fédéraux.

La « flamandisation », le jeu des francophones ?

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Il y a un dossier où la disparité entre le nord et le sud du pays a fait également beaucoup de bruit : celui des numéros INAMI. Le numéro INAMI, c’est le précieux sésame qui permet aux diplômés en médecine d’exercer leur profession. Or, ces numéros sont répartis entre la Flandre et la Wallonie : 60% au nord, 40% au sud. Problème : la Wallonie fait face à une importante pénurie de médecins. Elle souhaite donc que l’on revoie la répartition des numéros INAMI. Mais est-ce que les francophones ne portent pas une responsabilité dans ce dossier ? Il est vrai que les socialistes ont été en charge de la Santé pendant 6 ans avant Maggie De Block. Dans ce dossier comme dans d’autres, les francophones ont quelque part été complices de la flamandisation. L’explication, selon le politologue Jean Faniel : les francophones avaient plus à perdre qu’à gagner : "Il y a une crainte sans doute aussi du côté des francophones que si on demande un peu trop à revoir les clés de répartition, on ne parte dans un processus de renégociation qui pourrait remettre alors beaucoup de choses en question. Notamment, les mécanismes de solidarité qui profitent sans doute davantage aux francophones qu’aux néerlandophones."

La Belgique est-elle en train de se flamandiser ? La question est récurrente dans les médias francophones. Etonnamment, au nord du pays, les articles ou reportages sur le sujet sont quasi-introuvables. Rik Van Cauwelaert est chroniqueur au journal flamand De Tijd  et il a son explication : "C’est parce qu’ils n’ont pas ce sentiment-là. C’est la démonstration qu’on vit dans deux pays différents et que les sensibilités dans les médias francophones et dans les médias flamands sont complètement différentes."

Questions à la Une a décortiqué les rouages de la machine belge : ses mécanismes, ses institutions, ses structures et a posé cette question : "La Flandre a-t-elle pris le pouvoir ?" L'enquête est à voir et revoir sur RTBF Auvio, en cliquant juste ici.

 

 

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