80.000 Belges en burn-out chaque année

Valérie était agent d'orientation dans une asbl
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Valérie était agent d'orientation dans une asbl - © Tous droits réservés

Il est considéré comme le mal du siècle : le burn-out fait de plus en plus de victimes dans tous les milieux professionnels. L’enquête de Questions à la Une permet de mieux appréhender cette maladie encore taboue.

Il n’y a pas encore de statistiques réellement fiables mais selon l’INAMI, 80.000 Belges souffriraient chaque année de burn-out. Et cela représente un important coût pour l’Institut National d’Assurance Maladie-Invalidité : 600 millions d’euros par an d’indemnisations, ce qui représente 10% du budget du l’assurance invalidité. Les cas de burn-out et les montants alloués en indemnités ont doublé depuis 2007. A terme, cette augmentation risquerait même de mettre en péril le système d’assurance invalidité.
Le phénomène prend indéniablement de l’ampleur avec des conséquences parfois dramatiques pour la santé. Insomnie, stress permanent, déconnexion de ses émotions et de son propre corps sont autant d’alertes d’un craquage imminent. Un élément déclencheur et tout s’effondre. La corde casse. Les batteries sont à plat et le rétablissement peut être très long, entre 6 mois et un an.

Le gouffre des travailleurs performants

Personne n’est à l’abri d'un burn-out. L’agriculteur, l’artisan, le médecin, ou le policier… Toutes les professions sont concernées. Mais il existerait un profil type de personnes susceptibles de craquer: les victimes de burn-out sont surinvestis dans leur travail, passionnés et perfectionnistes. Ils se définissent à travers leur fonction. Pour la psychologue Laurence Goraj, "ce sont clairement les meilleurs éléments qui sont touchés par le burn-out." Les entreprises risquent de perdre ainsi leurs travailleurs les plus performants. Selon une étude de l’ULB, 75% des personnes qui reprennent le travail après un burn-out changent de poste ou d’employeur.

Les causes du mal-être peuvent être multiples : un manque de reconnaissance, des conditions de travail difficiles mais aussi le contexte économique. La rentabilité à outrance, la surcharge de travail et l’hyper connectivité sont également des facteurs qui poussent le travailleur à l’épuisement.

«Burn-out», une maladie à la mode?

Le burn-out divise encore le monde médical et il y a débat autour de sa reconnaissance. Certains estiment que ce n’est pas une maladie mentale. Les symptômes d’un burn-out sont très nombreux: manque de courage, incapacité à l’effort, fatigue.. En fait, il existe 176 symptômes reconnus d’un burn-out. Il peut alors être difficile d'établir un diagnostic fiable. D’après le psychiatre André de Nayer, le terme "burn-out" est aussi victime de son succès médiatique : "J’ai des gens qui viennent me dire : je fais des efforts pour l’instant, j’ai peur de m’épuiser. J’ai vu que si j’allais au-delà d’une certaine force, j’allais tomber dans une sorte de gouffre. C’est évidemment exagéré. " D’autres patients peu scrupuleux l’utiliseraient comme prétexte pour être écarté du travail et régler ainsi des situations de conflit avec leur employeur.
 

L'enquête complète de Guillaume Wollner, "Le travail peut-il nous rendre malade?", est à revoir dans la vidéo ci-dessous:

 

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