Un nouveau médicament contre Alzheimer ?

Récemment, la FDA (l’agence américaine des médicaments) a autorisé la mise sur le marché d'un nouveau médicament contre la maladie d’Alzheimer. Si cette nouvelle suscite beaucoup d’espoirs pour les malades, elle doit cependant être prise avec des pincettes. Analyse.

Premier traitement approuvé contre la maladie d’Alzheimer depuis 2003

Certes, c’est une annonce importante : pour la première fois depuis une vingtaine d’années, un nouveau traitement pour lutter contre Alzheimer est autorisé sur le marché. Mais elle est assortie de certaines conditions ; l’administration américaine demande notamment au fabricant de réaliser toute une série de tests cliniques afin de vérifier son efficacité.

Pourquoi une telle prudence ? Parce qu’un comité d’experts avait émis un avis défavorable à la mise sur le marché de ce médicament. Un avis que, fait rare, la FDA a choisi de ne pas suivre. Pourquoi ? Parce qu’elle souhaite donner un signal d’encouragement aux grandes firmes pharmaceutiques, qui ont aujourd’hui tendance à se désinvestir de la recherche contre Alzheimer, jugée trop peu rentable.

Les premières études réalisées semblent démontrer une certaine efficacité de ce médicament mais seulement pour quelques types très restreints de patients et il coûte extrêmement cher. Nous sommes donc encore loin d’un remède miracle accessible à tous, et il est impératif que la recherche se poursuive.

Microbiote et Alzheimer

Diverses équipes à travers le monde s’attèlent activement à cette tâche. Parmi elles, on peut évoquer une recherche internationale, dont une équipe belge menée par Patrice Cani, un chercheur de l’UCLouvain, qui s’intéresse aux liens entre microbiote et Alzheimer.

Mais le microbiote, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit de l’ensemble des micro-organismes qui peuplent notre corps et qui interagissent avec nos cellules. Quel rapport avec la maladie d’Alzheimer ? À travers une étude sur des souris, Patrice Cani et son équipe ont démontré un lien entre la qualité de notre microbiote intestinal, qu’on appelait avant la flore intestinale, avec l’éventualité de fabriquer des plaques séniles.

Ces plaques séniles se forment dans le cerveau et s’attaquent ensuite aux neurones, provoquant l’apparition de la maladie d’Alzheimer. En modifiant le microbiote des souris, les chercheurs sont parvenus à diminuer la quantité des plaques séniles dans leur cerveau. Leur prochain objectif ? Identifier les bactéries du microbiote qui, si elles sont bien nourries, pourraient nous protéger contre le développement de ces plaques et la maladie d’Alzheimer.

Si ces recherches en sont encore à un stade fondamental, leurs résultats seront déterminants : en effet, l’identification de ces " bonnes " bactéries pourrait permettre à terme l’arrivée sur le marché de traitements peu chers et faciles à administrer… Une véritable lueur d’espoir pour tous les patients atteints de cette terrible maladie.

Retrouvez la chronique de Patrice Goldberg sur La Première :

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