Stéréotypes de genre : peuvent-ils influencer nos comportements ?

Même si la situation s’améliore depuis quelque temps, nous continuons de vivre dans une société extrêmement genrée : il suffit de faire un tour dans les magasins de vêtements pour enfants pour s’en rendre compte… Cette assignation des rôles féminin et masculin sur la base de stéréotypes peut bien sûr avoir une répercussion sur notre santé. D’abord mentale, puisqu’elle peut empêcher certaines personnes d’affirmer pleinement leur identité dans une société qui ne leur laisse pas la place d’exister. Mais aussi physique, car ces représentations peuvent influencer certains comportements au point de les faire parfois basculer dans la violence…

Pleurs de bébé

Lors d’une expérience, des chercheurs ont recruté des volontaires à qui ils ont fait visionner un court clip vidéo de manière individuelle. Dans ce clip, on voyait un bébé jouer avec une boîte, d’où un clown finissait par sortir brusquement, provoquant les pleurs du bambin. Qu’ont fait les chercheurs ? Ils ont simplement demandé à chacun des volontaires de retranscrire la scène. Mais auparavant, ils avaient pris soin de les diviser en deux groupes. Au groupe 1, ils avaient précisé que le bébé était une petite fille. Pour le groupe 2 au contraire, le bébé était un garçon.

Y a-t-il eu des différences de perception de la scène, en fonction de cette précision ? La réponse est oui : les volontaires du groupe 1, qu’ils soient hommes ou femmes, ont tous pensé que la petite fille s’était mise à pleurer parce qu’elle avait peur. Tandis que les volontaires du groupe 2, persuadés qu’il s’agissait d’un garçon, ont quant à eux mis sa réaction sur le compte de la colère.

Cela montre à quel point les stéréotypes de genre sont profondément ancrés en chacun de nous : dans nos représentations inconscientes, une fille pleure forcément parce qu’elle a peur, tandis que le garçon exprimera avant tout de la colère, potentiel ferment de violence…

Test sur l’identité sexuelle

Une seconde expérience a été menée, encore plus édifiante : des scientifiques ont recruté un autre groupe de volontaires et les ont fait répondre à un soi-disant questionnaire sur l’identité sexuelle (en fait un simple prétexte à l’étude). Puis ils ont à nouveau divisé les volontaires en deux groupes : au groupe 1, ils ont annoncé que le résultat de leur test montrait une identité sexuelle majoritairement masculine ; au groupe 2, ils ont dit qu’ils avaient au contraire une grande part de féminité en eux.

Ils ont alors posé toute une série de questions aux deux groupes concernant leurs goûts, leurs attitudes, leurs comportements, etc. Qu’ont-ils constaté ? Qu’il n’y avait aucune différence notable entre les deux groupes dans les réponses des volontaires féminins. Mais ce n’était pas le cas des cobayes hommes : ceux à qui l’on avait attribué une identité plutôt féminine avaient tendance à se montrer plus homophobes, plus militaristes et plus machistes que les autres.

Qu’en ont conclu les chercheurs ? Si vous mettez en cause la masculinité d’un homme, vous risquez fort de provoquer chez lui un basculement vers des positions beaucoup plus sexistes, susceptibles de déboucher elles-mêmes sur des comportements délicats pour l’entourage. Une conclusion à méditer…

Retrouvez la chronique de Patrice Goldberg dans La Grande Forme sur Vivacité :

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