Rétinopathie diabétique : un nouveau traitement prometteur ?

La rétinopathie diabétique, une maladie dégénérative de la rétine qui touche les personnes atteintes de diabète, constitue la principale cause évitable de perte de la vision en Belgique. Grâce aux découvertes prometteuses du chercheur canadien Mike Sapieha, le traitement de cette maladie pourrait bien connaitre une petite révolution.

La rétinopathie diabétique : késako ?

Au fond de notre œil se trouve la rétine, une très fine membrane aux pouvoirs extraordinaires : elle est composée d’une multitude de cellules capables de transformer les ondes lumineuses en impulsions électriques. Celles-ci parviennent ensuite à notre cerveau et nous permettent de voir. Ce lien direct entre le cerveau et la rétine requière un énorme apport en énergie : en effet, il représente 20% de l'oxygène et des nutriments dont nous avons besoin pour faire fonctionner notre corps.  

Dès lors, cette zone à l’interface entre rétine et cerveau est très riche en vaisseaux sanguins. Or on le sait, les personnes diabétiques souffrent d’un excès de sucre dans le sang. Et à force, ce sucre détériore la paroi des vaisseaux sanguins rétiniens qui vont finir par craquer, provoquant ainsi des saignements et des troubles de la vue.

À l'origine de la maladie

Mais ce n'est pas le principal problème que pose la rétinopathie diabétique. Pourquoi ? Parce qu'en principe le corps humain fonctionne bien et qu’il est conçu pour se lancer dans un processus de réparation en cas de dysfonctionnement.

Ainsi, lorsque des vaisseaux sanguins éclatent les cellules de la rétine vont appeler à l’aide en produisant des molécules, parmi lesquelles on retrouve la sémaphorine. Son rôle ? Entre autres celui de favoriser la fabrication de nouveaux vaisseaux sanguins pour remplacer les vaisseaux défectueux.  

2 images
Rétinopathie diabétique : un nouveau traitement prometteur ? © VirgiV78, Getty Images

Malheureusement, les personnes diabétiques souffrent d’une surproduction de sémaphorine : la fabrication de nouveaux vaisseaux sanguins peut alors dépasser jusqu’à dix fois la production normale, et devient totalement anarchique. Il va ainsi se créer un enchevêtrement de vaisseaux sanguins responsable d'une baisse progressive de la vue, qui peut aller jusqu’à la cécité.  

Un immense espoir pour les patients

Cette découverte du rôle essentiel de la sémaphorine dans la rétinopathie diabétique, on la doit au chercheur canadien Mike Sapehia, spécialiste des maladies oculaires. En déchiffrant sa cause, le scientifique a aussi pu mettre au point un processus qui pourrait bien soulager les patients.

Après des années de travail, il est parvenu à créer une molécule capable de maîtriser la production de sémaphorine. Ce qui pourrait permettre de contrôler la fabrication de nouveaux vaisseaux sanguins et ainsi éviter une dégénérescence de la vue.

Les essais menés jusqu’à présent sont prometteurs : la molécule a démontré son efficacité en laboratoire et sur le modèle animal. Il reste à espérer qu’elle pourra un jour venir en aide aux patients qui souffrent de rétinopathie diabétique.

 À lire aussi : D’où viennent nos yeux ?

Retrouvez la chronique de Patrice Goldberg dans La Grande Forme sur Vivacité :

Et retrouvez Matière Grise sur Auvio ou en télé tous les mercredis (23h00) sur La Une.

Rediffusions les samedis (23h00) et dimanches (8h30) sur La Une.

Matière Grise, le magazine de la curiosité, qui fait réfléchir sans même y penser !

Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK