Peut-on soigner la rupture amoureuse comme une douleur physique ?

Des études ont montré que le phénomène chimique qui se produit dans notre cerveau lorsque nous tombons amoureux est très similaire à celui d’une addiction. Dans ce cas, rien de surprenant à ce que l’on ressente une véritable détresse lorsque l’on est quitté : le corps et l’esprit doivent littéralement subir un sevrage. La douleur intense propre aux chagrins d’amour pourrait-elle alors être soignée au même titre qu’une souffrance physique ?

Brûlure amoureuse

Pour étudier la question, des chercheurs ont recruté un certain nombre de volontaires ayant subi une rupture douloureuse peu de temps auparavant. Ils les ont placés dans des machines à imagerie par résonance magnétique pour observer ce qui se passait dans leur cerveau dans différentes situations.

D'abord, ils leur ont fait subir une douleur physique en exposant leur bras à une chaleur intense, sans qu’elle soit pour autant insoutenable. Ils ont alors noté que certaines zones bien spécifiques du cerveau s’activaient. Puis ils leur ont demandé de regarder des photos de leur ex-compagnon ou compagne et d’évoquer des moments passés avec cette personne, y compris les souvenirs douloureux.

Résultat : les chercheurs ont constaté que les mêmes zones du cerveau s’activaient qu’en cas de douleur physique. Le constat est clair : la  souffrance ressentie lors d’un chagrin d’amour est une vraie douleur, reconnue comme telle par le cerveau et visible à l’imagerie. La bonne nouvelle de ce constat, c’est qu’en cas de douleur, il existe des solutions : les antidouleurs.

Effet placebo

Les chercheurs ont alors eu l’idée d’utiliser un principe bien connu en science : celui de l’effet placebo, qui a largement fait ses preuves dans le traitement de la douleur.

À la sortie de la machine, ils ont donné un spray nasal aux participants. À la première moitié du groupe, ils ont dit qu’il contenait un antidouleur ; et à l’autre moitié, ils ont expliqué qu’il s’agissait d'un simple sérum physiologique.

Ils ont ensuite à nouveau placé les volontaires dans la machine et ont réitéré l’expérience. Qu’ont-ils constaté cette fois ? Les personnes qui pensaient avoir pris un antidouleur ressentaient une baisse importante de la douleur, contrairement à celles de l’autre groupe. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous sommes capables de produire des antidouleurs naturels : nous possédons des neurotransmetteurs qui agissent contre la douleur et la déprime. Dans ce cas-ci, selon l’effet placebo, le soi-disant spray antidouleur a favorisé leur action pour le premier groupe.

Exprimer pour digérer

D’autres chercheurs ont été encore plus loin. Ils se sont demandé quel comportement était le plus efficace pour passer à autre chose en cas de rupture amoureuse. On en observe généralement trois :

  • On exprime verbalement sa colère et de sa haine de l’autre ;
  • Au contraire, on décide de faire la paix avec ses émotions et de se montrer le plus serein possible ;
  • Enfin, certains privilégient la distraction. On sort faire la fête avec des amis pour oublier ses soucis.

Les chercheurs ont soigneusement étudié ces trois types de comportements. Conclusion ? Il semblerait que le fait de faire la paix avec ses émotions ne soit pas la manière la plus efficace de passer à autre chose en cas de rupture, au contraire. La meilleure façon de digérer une histoire douloureuse consisterait plutôt à combiner les deux autres attitudes : laisser parler sa colère tout en cherchant la distraction… qui pourrait offrir une ouverture à un nouvel amour.

Retrouvez la chronique de Patrice Goldberg dans La Grande Forme sur Vivacité :

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