Études scientifiques : une sous-représentation féminine ?

Selon une étude menée sur un groupe de volontaires masculins, le fait de voir une femme pleurer diminuerait la libido d’un homme. Mais qu’en est-il d’une femme qui voit un homme pleurer ? Le mystère reste entier… Pourquoi ? Parce que le pendant féminin de cette étude n’a tout simplement pas été réalisé.

Ce phénomène de surreprésentation des hommes comme sujets d’étude est plus fréquent qu’on ne le pense. Et dans le cas des tests cliniques, il pourrait avoir un véritable impact sur l’efficacité des soins au quotidien.

C’est un phénomène très répandu dans le domaine de la recherche scientifique : pour donner des résultats probants, les cohortes, soit les groupes de personnes engagées dans une étude scientifique, doivent être les plus homogènes possibles. Le plus souvent, les chercheurs prennent le parti de sélectionner uniquement des volontaires de sexe masculin, tout comme ils ont davantage tendance à privilégier les droitiers par rapport aux gauchers s’il s’agit d’étudier certains fonctionnements du corps humain.

Cette sous-représentation des femmes dans les études scientifiques pose question, d’autant plus lorsqu’on en vient aux tests cliniques pour les médicaments : les dosages et les réactions ne se valant pas forcément selon qu’on est un homme ou une femme, des mesures effectuées exclusivement à partir d’une cohorte masculine pourraient se révéler moins efficaces lorsque le traitement est administré à une femme.

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Études scientifiques : une sous-représentation féminine ? © Klaus Vedfelt, Getty Images

La bonne nouvelle, c’est que cette situation a largement évolué au cours des derniers temps. Par le passé, beaucoup de médicaments étaient testés sur des hommes, à l’exception des essais concernant les femmes enceintes ou allaitantes. Aujourd’hui, on constate une nette amélioration puisqu’un rapport récemment publié en France estime qu’entre 85 et 90% des études cliniques ne souffrent désormais plus d’une sous-représentation féminine.

Si ce chiffre est la preuve d’une belle avancée, il reste encore beaucoup à faire : ce n’est que lorsque les études seront réalisées en parfaite équité que nous pourrons assurer aux femmes une prise en charge véritablement optimale.

Retrouvez la chronique de Patrice Goldberg dans Déclic sur La Première :

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