Quand la Sambre remplaçait le boulevard Tirou à Charleroi !

Quand la Sambre remplaçait le boulevard Tirou, sur la gauche, la tour de l'actuelle librairie Molière
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Quand la Sambre remplaçait le boulevard Tirou, sur la gauche, la tour de l'actuelle librairie Molière - © Tous droits réservés

Déambulation à Charleroi vers le Boulevard Tirou : c’est là que passait la Sambre ! Le boulevard Tirou n'a pas toujours présenté cet aspect de grande artère légèrement incurvée, traversant la Ville-Basse d'ouest en est. Il y a un siècle encore coulaient sur le tracé du boulevard les eaux capricieuses de la Sambre. Son tracé épouse le tracé naturel de la Sambre, légèrement incurvé, traversant la Ville-Basse d'ouest en est, mais la Sambre était cependant bien plus large que l’actuel boulevard.

Le Boulevard Tirou tel qu'il se présente aujourd'hui n'a pas toujours présenté cet aspect de grande artère légèrement incurvée, traversant la Ville-Basse d'ouest en est. Il y a un siècle encore coulaient sur le tracé du boulevard les eaux capricieuses de la Sambre.
 

L'HISTOIRE DE LA SAMBRE

Avec Guy Lemaire  et André Lierneux

Charleroi est une ville industrielle, mais on peut légitimement se demander si le développement économique de la ville aurait été le même sans ce cours d’eau… probablement que non ! La Sambre a bien contribué à faire de Charleroi une des villes les plus puissantes au monde au cours du 19ème, elle est aujourd’hui la signature du paysage de Charleroi …

Moteur économique de la Ville-Basse, la Sambre, bien que capricieuse, permettait le transport de marchandises. La rivière fournissait également l’eau et l’énergie nécessaires à certaines exploitations. Des ateliers de tisserands, des moulins, différentes manufactures, des brasseries,…  s'établirent de chaque côté de la rivière. Mais si l’on y prenait l’eau nécessaire pour la vie au quotidien, la Sambre permettait également d’évacuer bon nombre de déchets….

La configuration de cet ancien quai reste visible. La Sambre y coule aujourd’hui, mais c’était jadis la partie canalisée de la Sambre qui, elle, passait au cœur de la ville basse, boulevard Tirou.

Pourquoi avoir canalisé la Sambre ? Le temps passant, la Sambre est de plus en plus sollicitée pour le transport des marchandises de la région. Mais le cœur de Charleroi reste un obstacle à la circulation des péniches. Une dérivation de la Sambre à Charleroi est alors réalisée, consistant en un canal contournant la Ville-Basse par le sud (la Sambre actuelle, devant la Gare de Charleroi-Sud). Dès 1829, les bateaux utiliseront désormais le nouveau bras de Sambre, qui ne traverse plus les fortifications, mais les contourne. Le lit naturel de la Sambre est délaissé au profit de sa version canalisée. Avec l'inauguration de ce canal, la Ville-Basse devient une " île " qui s'étend des actuels Pont de la Villette à celui de Philippeville.

A noter : au bout du Quai, côté rue de l’Ecluse, on aperçoit la rue du Pont Neuf. Cette artère, aujourd'hui devenue l'un des axes d'entrée principaux de la ville, menait comme son nom l'indique au Pont Neuf, construit en 1830. Il fut détruit un siècle plus tard, en 1939.

 

DÉAMBULATION VERS LE BOULEVARD TIROU : C'EST LA QUE PASSAIT LA SAMBRE !

Malgré le canal de dérivation et les écluses, l'ancienne Sambre continue de régulièrement sortir de son lit en cas de fortes averses. Les crues de la Sambre à Charleroi ne durent généralement que peu de temps ; elles surprennent cependant par leur importance et leur rapidité.

Durant l'hiver 1925-26, l'eau monte considérablement, ce fut la dernière grande inondation de la Sambre à la Ville-Basse. Il a donc fallu trouver une solution.  

Le boulevard Tirou n'a pas toujours présenté cet aspect de grande artère légèrement incurvée, traversant la Ville-Basse d'ouest en est. Il y a un siècle encore coulaient sur le tracé du boulevard les eaux capricieuses de la Sambre. Son tracé épouse le tracé naturel de la Sambre, légèrement incurvé, traversant la Ville-Basse d'ouest en est, mais la Sambre était cependant bien plus large que l’actuel boulevard

En 1928, sous l'impulsion du bourgmestre Joseph Tirou, la Ville décide une série de grands travaux devant changer le visage de la Cité et résoudre certains problèmes de salubrité. Il est notamment décidé de combler le bras gauche de la Sambre, soit son lit naturel, pour ne conserver que sa section canalisée. L’ancienne Sambre est appelée à devenir un boulevard. Les travaux débutent rapidement, dès 1930, mais sont interrompus par la Seconde guerre mondiale. Au lendemain de celle-ci, les travaux reprennent. Le projet d'urbanisation fut confié aux architectes Joseph André et Marcel Leborgne. Le nouveau boulevard est inauguré en 1948. La nouvelle artère artère est dédiée au bourgmestre Joseph Tirou ; fait exceptionnel, le nom du bourgmestre est donné à l’artère du vivant de celui-ci (il meurt en 1952).

 

 

 

Avec la collaboration du WBT (Wallonie Belgique Tourisme)

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