Un monde du silence pas si silencieux que ça !!!

le monde du silence pas si tranquille qu'il n'y paraît
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Une étude unique au monde du Professeur Eric Parmentier de l'ULiège

Le Pr Eric Parmentier du Laboratoire de Morphologie fonctionnelle et évolutive de l’ULiège,  traque les sons émis par les poissons afin de mieux comprendre leurs modes de vie. Cette étude a permis d’utiliser des sons recueillis à 120 mètres de profondeur pour mieux définir la biodiversité et la répartition des poissons en différentes communautés. Ces recherches ont été publiées dans la prestigieuse revue américaine PNAS, (Proceedings of the National Academy of Sciences)

Le monde du silence est en réalité très bruyant. Si l’on sait aujourd’hui que les poissons émettent des sons, peu d’études se sont intéressées à la manière dont les poissons utilisent ce mode de communication pour se différencier les uns des autres. C’est à la suite d’une étude sur le coelacanthe, un poisson vieux de plusieurs millions d’années, que l’équipe du professeur Parmentier à élaborer ses thèses. Pendant 15 jours, un micro posé sur le poisson fossile a enregistré des milliers de sons. Près de 3000 ont été analysés et répartis en 35 groupes. Ces sons ont ensuite été minutieusement décryptés et ont permis de mettre au jour l’existence de deux communautés de poissons : ceux qui sont actifs le jour et ceux qui le sont la nuit.  « Alors que la journée, les différents sons présentent des caractères qui ont tendance à se superposer, les sons émis la nuit présentent des différences plus marquées, les poissons développent clairement un comportement lié à la situation et les sons qu’ils émettent sont bien distincts » souligne le Pr Parmentier. « Cette différence s’explique certainement par le fait que la journée les poissons ont une visibilité (même à 120 mètres de profondeur), ils peuvent alors user de parades pour communiquer avec les leurs ; les sons ont pour principal rôle de renforcer le message visuel. Par contre la nuit, ils sont enfermés dans une obscurité absolue qui les oblige à « affiner » leur communication pour s’identifier clairement des autres espèces. »

Ce travail de longue haleine visait à caractériser les sons pour mieux comprendre comment les différentes espèces partagent l’environnement sonore pour éviter la cacophonie. Qu'ils s'appellent pour se défendre, se rassembler ou encore se reproduire, les poissons communiquent : Toutes ces recherches apportent désormais une meilleure compréhension du mode de vie des habitants des mers.

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