les carrières wallonnes et la biodiversité

Tanguy et J.C.Grignard - Dour
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Tanguy et J.C.Grignard - Dour - © Tous droits réservés

Que ce soit à Lessines, Dour, Ploegsteert, Philippeville, Soignies ou Rance, les carrières qu'elles soient ou non en activité jouent un rôle important dans la préservation de la biodiversité.

Dans notre émission du 9 novembre 2014, Tanguy et Jean-Christophe Grignard ont plongé dans la carrière de Dour.  Des carrières où l'on plonge... ou pas, il y en a pas mal en Wallonie, nous pensons par exemple à Lessines (Hainaut) où l'exploitation du porphyre, déjà signalée au XIe siècle a laissé des dizaines de "trous" dont seuls deux sont encore en exploitation de nos jours. 

Le fait n'a pas échappé à la division

Ainsi, on apprend que dans le plan de secteur (état 2008), 15.000 ha de Wallonie sont considérés en zone d'extraction sur un potentiel global de 29.000 ha, donc 1,72% du territoire wallon.  Si de nos jours, moins de 200 carrières sont en activité, il existe des milliers de sites aujourd'hui abandonnés.

Pendant fort longtemps, on a dénigré l'intérêt des carrières pour l'environnement, elles étaient plutôt considérées comme des destructeurs de milieux naturels.  En Belgique, les premiers projets de réaménagement datent des années 1970 avec l'exemple de la carrière d'argile de Ploegsteert à partir de 1976.

 

Il est évident qu'en Wallonie, les carrières constituent des espaces de survie pour de nombreuses espèces telles le hibou grand-duc, l'hirondelle de rivage, le guêpier d'Europe, le petit gravelot... Aujourd'hui, tous s'accordent à dire que les carrières ont un grand intérêt pour la préservation de la biodiversité, non seulement les trous non exploités mais aussi ceux toujours exploités, ce qui conscientise des groupes carriers à la collaborer à la protection de la biodiversité.  Il est vrai qu'à la base, les anciennes carrières ne sont pas des écocystèmes naturels puisque ces excavations ont été créés artificiellement, mais globalement, elles deviennent des sites naturels, de par leur fonctionnement et par le fait de la présence humaine réduite à sa plus simple expression, voire nulle.  Les carrières sont en quelque sorte des milieux "jeunes" impossibles à créer en temps normal dans notre société, car elles constituent des "perturbations naturelles" artificiellement créées.  Ces sites présentent de nombreux types d'habitat, sans dérangements, sans contaminants ; ce sont des îlots de nature, de véritables refuges pour notre faune et notre flore qui évoluent naturellement.

 

Les carrières étant des "milieux pionniers", se sont tout naturellement des espèces pionnières à grand pouvoir de colonisation qui vont permettre à la biodiversité de s'installer dans les carrières ; le développement se poursuivra à partir des milieux présents aux environs.  Il est donc utile de se rendre compte qu'il faut d'abord protéger les espèces rares avant d'imaginer créer - ou recréer - des milieux comme les carrières pour les accueillir.

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