D'Ici de-là, au Musée de Louvain-la-Neuve, jusqu'au 25 août

Collection du Brabant Wallon
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Collection du Brabant Wallon - © Christine Pinchart

Rencontre avec François Degouys, le commissaire de cette exposition d’une soixantaine d’œuvres, peintures, sculptures, gravures et photos, réalisées à partir du 19ème siècle, jusqu’à nos jours. Sublimation de paysages typiques, curiosités folkloriques et culturelles, œuvres abstraites, tous courants confondus. Des œuvres de Constantin Meunier, Bob Verschueren, Maurice Pasternak, Jacques Lennep, Spilliaert, Alechinsky…

L’exposition s’ouvre sur un tableau d’Edgard Tytgat, qui ressemble à une carte géographique ?

 

Une œuvre commandée à Edgard Tytgat en 1935, pour l’exposition universelle de Bruxelles ; le pavillon de la Province de Brabant, qui était la seule à avoir son pavillon. Précisément c’est une carte touristique, avec les monuments à visiter comme le lion de Waterloo, les curiosités architecturales, les cathédrales, les fêtes folkloriques, les lieux de promenade …

 

Les œuvres ont été rapatriées ici, et elles se trouvaient éparpillées dans les institutions provinciales ?

 

La collection de la province n’est pas présentée dans un lieu d’exposition permanent. C’est donc une opportunité exceptionnelle de voir cette collection, qui d’habitude est réservée au personnel de la province essentiellement. Pourtant on y trouve des œuvres de grande qualité muséale, et historique.

On trouve des artistes de renommée internationale. Il y a un tableau de Spilliaert, qui n’est même pas recensé dans les catalogues ?

 

C’est un magnifique tableau qui fait directement écho à une œuvre qui se trouve aux Musées Royaux des Beaux-Arts, et qui montre aussi une vue de sa chambre, avec le lit et l’armoire. On y voit tout l’esprit de Spilliaert, son vécu d’insomniaque, avec ses angoisses nocturnes. Une œuvre vraiment très intéressante, sur le temps étiré.

On trouve également Henry Evenepoel ; encore un des grands peintres belges de la fin du 19ème siècle. Et cette œuvre, a paraît-il, appartenu à Matisse lui-même.

 

Des œuvres qui évoquent aussi, la vie rurale. Constantin Meunier a réalisé cette toile en Espagne ?

 

Constantin Meunier est plus connu comme sculpteur, à caractère social.  Mais au début de sa carrière, il est connu pour ses sujets religieux. Pour cette raison, on l’envoie en Andalousie, faire la copie d’un tableau d’un primitif flamand. Il part à Séville pour subvenir à ses besoins, mais quand il arrive on ne l’attendait pas, et il n’a pas accès immédiatement à l’œuvre. Il va donc se balader et  réalise ce combat de coqs. C’est une activité sociale extrêmement populaire en Andalousie, mais également, dans nos régions. La vision qu’il en donne, s’arrête sur le caractère pittoresque et lorsque l’on découvrait cela dans nos régions par la suite, on abordait le sujet, comme on aborde aujourd’hui un documentaire à la télé.

 

Le groupe Nervia est typiquement wallon ?

 

Nervia est un groupe des années 30, et il faut se rappeler que ce qui marche bien en Belgique à l’époque, c’est l’Expressionnisme Flamand. Ces artistes n’étant pas Flamands, ils font une réunion et vont chercher leurs propres spécificités. Ils ne montreront pas des sujets ruraux, avec des mangeurs de patates, ou des fermiers. Ils vont préférer des sujets plus familiaux et plus intimes. Moins expressifs et plus édulcorés et séduisants. Le chef de file du mouvement Nervia, c’est Anto Carte, et à ses côtés par exemple, on trouve Pierre Paulus.

 

Autre courant spécifique à la Belgique, c’est le Luminisme ?

 

Oui c’est le prolongement de l’impressionnisme et du post impressionnisme. On est au début du 20ème siècle, et c’est oui, un courant spécifique à la Belgique. Dans la collection de la province, il y a un tableau magnifique, d’un artiste très peu connu, qui est Frans Van Holder et qui a essentiellement fait des portraits de jeunes filles. Le titre de ce tableau choisi pour l’affiche de l’exposition, d’ailleurs, c’est lumière. Et cela traduit bien ce goût pour la lumière éblouissante.

La volonté de cette exposition, c’est d’amener le public à s’interroger sur cette province ?

 

C’est une jeune province, qui n’existait pas  en 1935. La collection est une collection publique, elle nous appartient à tous et c’est l’occasion pour tous les visiteurs, pas seulement les Brabançons, de s’approprier cet univers. Et chacun peut en donner sa version, grâce à ce tableau ; il y a des petites cartes, et chacun peut y laisser une définition, ou un dessin, et on l’accroche sur ce tableau.

 

Christine Pinchart

 

A noter une conférence de Bernadette de Visscher sur le thème de la couleur, le jeudi 18 avril à 20h15, précédée d’une visite libre de l’expo.

L’entrée libre le premier dimanche de chaque mois.

Des stages d’été pour les 6-10 ans, à combiner si on le souhaite, avec des cours de langue.

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