Clotilde Ancarani, ou l'insoutenable légèreté du bronze, à la Galerie Rive Gauche à Namur, jusqu'au 29 mars

Clotilde Ancarani à la galerie Rive gauche à Namur
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Clotilde Ancarani à la galerie Rive gauche à Namur - © Christine Pinchart

Le tronc d’arbre, le papillon et les feuilles, sont au cœur de la nouvelle exposition de Clotilde Ancarani. Une nouvelle exploration de sujets fragiles, réalisés dans des matériaux durs, comme le bronze.

Rencontre avec Clotilde Ancarani

 

Vos préoccupations environnementales sont présentes dans l’exposition ?

La forêt de nos jours est fragile et cela m’intéresse d’en parler à travers ce travail. Les matériaux utilisés sont en contradiction avec le thème, et en même temps on est dans l’instinctif. Dans les branches et les troncs d’arbre, j’emploie de la récupération comme je le fais depuis toujours . Dans les troncs j’ai mis beaucoup de papier mâché, que j’ai fait avec des annuaires téléphoniques. Je trouve cela tellement triste qu’il y ait des forêts entières qui soient dévastées pour produire ce genre de choses.

On reste dans le travail de la matière, avec de l’épaisseur, et une forme de vieillissement ?

 

La matière est assez brute, et cela permet au visiteur de rentrer dans le travail. Moi je prétends faire la moitié du travail et le visiteur fait l’autre moitié. Il peut rentrer dans l’œuvre par ces craquelures, et c’est volontaire de ma part, de laisser les choses à l’état brut pour qu’il y ait un dialogue entre mon travail et celui qui le regarde.

Les bronzes interpellent énormément ; ce sont des oeuvres qui ne disent pas tout d’emblée. Il faut s’approcher et toucher ?

 

Oui, il y a cette contradiction, lorsque l’on met une main sur une sculpture en bronze, c’est froid et on sent la puissance . C’est rugueux et lourd, alors que j’essaie de donner au travail, une impression de légèreté et de chaleur. Le sujet est vulnérable et quand on le touche, on ressent à quel point il est ancré.

Même si les thèmes sont plus bruts, il reste une grande part de féminité dans le travail ?

 

Oui ce n’est pas simplement parce que le travail était lié à la robe ou à la fleur qu’il était féminin. Ici les écorces sont très rondes et enveloppantes. Et puis il y a quelque chose de très féminin dans la forêt également.

Christine Pinchart

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