Pourquoi les algorithmes des applications de rencontre sont-ils pervers ?

Pourquoi les algorithmes des applications de rencontre sont-ils pervers ?
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Est-on vraiment libre de ses choix sur les sites de rencontres ? Comment l’algorithme fonctionne-t-il ? Que font les applications avec nos données ? Pour en parler, L’Internet Show a fait venir une des plus grandes expertes européennes en la matière. Jessica Pidoux a étudié en profondeur 24 applications de rencontre et son constat est sans appel : elles posent toutes problèmes à un moment ou à un autre.

Internet et les réseaux ont totalement modifié notre manière d’aimer, de draguer et sont devenus les moyens privilégiés des célibataires pour trouver l’amour. C’est simple, une enquête de Test Achat réalisée en 2019 nous apprend qu’un Belge sur 5 a déjà utilisé un site ou une application de rencontre. Un cinquième de la population, c’est énorme.

Pourtant, derrière cette multitude d’applications, se cachent des algorithmes aux effets psychologiques parfois pervers. C’est le constat qu’a fait Jessica Pidoux, assistante doctorante à l’Institut des Humanités Digitales à l’université de Lausanne.

C’est en 2015, dans le cadre de son mémoire qu’elle commence une étude sur Tinder et découvre que l’appli cotait ses utilisateurs avec le score “Elo”. Il s’agit du même système que celui des jeux vidéos ou des échecs, qui notent les joueurs pour mieux les matcher entre eux. “Nous étions évalués selon un niveau de désirabilité, notre niveau d’études et notre niveau de revenus, pour ensuite être montré à certains profils et pas à d’autres” explique Jessica.

Les critères ont toujours été gardés secrets par l’application mais il semblerait que jusqu’alors matcher avec une personne " désirable " permettait de gagner des points et de se voir proposer d’autres profils de personnes " désirables ".

Une autre de ses conclusions : sur Tinder, les hommes aisés ont plus de chances de rencontrer des femmes moins éduquées. En effet, Jessica a découvert que le site de rencontres avait tendance à mettre en contact les jeunes femmes les plus jolies avec des hommes riches de 10 à 15 ans plus âgés. Une méthodologie qui pose question puisqu’elle renforce les inégalités et les discriminations.

“Cela crée un système patriarcal où la position de l’homme est dominante parce qu’il a un niveau socio-économique supérieur à la femme”, explique Jessica Pidoux dans son interview pour l’Internet Show.

En 2019, Tinder a annoncé la fin de son système de notation Elo Score. Mais son nouvel algorithme reste très flou et laisse encore une fois les utilisateurs spéculer sur les raisons pour lesquelles ils n’obtiennent pas de match.

Retrouvez la séquence vidéo ci-dessous et le replay de l’émission ici ! L’Internet Show, c’est tous les jeudis à 20h sur Tipik et sur Auvio.

 

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