« Miss » : Aller au bout de son rêve

À l’école, ce 27 février 2004, quand on a demandé à chaque élève de la classe ce qu’il voudrait faire plus tard, Alexandre, 9 ans, a répondu : " Être Miss France ", provoquant l’hilarité chez ses camarades.

15 ans plus tard, Alex se traîne dans la vie. Il a perdu ses parents, morts dans un accident, a connu les familles d’accueil, et a dès lors enterré son rêve d’enfant.

Il vit aujourd’hui dans une sorte de pension de famille peuplée de gens bigarrés, régentée par Yolande, un sacré petit bout de bonne femme à cheval sur les principes et intraitable sur le paiement du loyer !

Les retrouvailles avec Elias, un ancien pote devenu champion de boxe vont réveiller son rêve d’enfant et son envie de devenir quelqu’un. Décidé à conquérir le titre de Miss France, Alex obtient l’aide de son ami d’enfance et, non sans mal, celle de ses colocataires et de sa logeuse…  la première épreuve sur la liste de toutes celles qui attendent le jeune homme dans cette folle aventure !

Pas son genre

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© Julien Panié

Il y a huit ans le réalisateur d’origine portugaise Ruben Alves se faisait connaître avec " La Cage Dorée ", un premier long métrage inspiré par ses parents. Doté d’un solide casting, cette comédie populaire avait tout pour nous emballer : une histoire de famille, pour autant de questions complexes sur l’exil et l’intégration abordées avec finesse et pertinence ; de la gravité, de l’humour et de l’émotion bien dosés accompagnés d’une série de clichés auxquels on tordait joliment le cou. Des qualités qu’à l’évidence on peut également attribuer à " Miss ".

Et pourtant en racontant l’histoire d’un garçon qui veut, et qui va, s’embarquer dans un concours de beauté - réservé aux filles depuis l’éternité - le risque était grand de tomber dans la caricature, et la pantalonnade.

Ruben Alves évite ces écueils en faisant de cette aventure une quête personnelle. Alex est un homme, et se sent homme. Il n’a pas l’intention de changer de sexe ; il est juste attiré par ce qu’il n’est pas, avec le sentiment grisant de se sentir plus fort en femme.

Bien entouré !

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© Praesens Film

La réussite de " Miss ", tient également à tous ses acteurs, à commencer par l’étonnant Alexandre Wetter, dans le rôle d’Alex/Alexandra. Ce mannequin de profession, qui a su imposer son androgynie et qui défila en homme et en femme pour le couturier Jean-Paul Gaultier, avait déjà beaucoup de cartes en main pour ce rôle qu’il investit avec une belle sensibilité… il est d’ailleurs une des raisons qui a poussé Ruben Alves à faire ce film.

Autour de lui, Isabelle Nanty campe à merveille un personnage émouvant haut en couleur férocement féministe qui voit le concours Miss France " comme le temple de l’asservissement de la femme ", quand à Pascale Arbillot, elle incarne de manière extrêmement convaincante la femme d’autorité en charge du concours Miss France qui, elle, défend bec et ongle cette institution et son pouvoir d’émancipation. Entre elles (entre autres) : Amanda Lear formidable d’autodérision et Thibault de Montalembert (de la série " Dix pour Cent ") étonnant dans la composition d’un travelo aussi pathétique que flamboyant.

Autant de personnages qui déclinent, mélangent et bousculent de manière absolument réjouissante les codes féminins et masculins.

 

Nous ne pouvons que vous conseiller de courir voir cette comédie tendre, émouvante et drôle !

Le mercredi 9 juin en salles !

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