Minari : le rêve américain et sa réalité

Nous sommes au début des années 80, sous l’ère Ronald Reagan. Jacob et Monica ont quitté leur Corée natale pour un avenir meilleur aux États-Unis. Depuis ils ont eu deux enfants, David et Anne.

Après la Californie, où tout ne s’est pas passé selon leurs vœux, les voilà en Arkansas où ils ont acquis une terre en friche. Leur projet est de faire pousser des fruits et des légumes typiques de la cuisine de leur pays, pariant sur un débouché prometteur : une importante immigration coréenne.

L’enthousiasme de Jacob pour ce nouveau départ ne semble pas partagé par Monica, inquiète d’être loin de tout, du moindre commerce et surtout d’un hôpital pour leur jeune fils atteint d’une malformation cardiaque. Cette maison en préfabriqué posée sur des parpaings dans laquelle ils vont emménager ajoute à son désenchantement, quand le mal du pays la tenaille encore et toujours.

Le réconfort pour Monica, c’est l’arrivée de Soon-ja, sa mère, venue tout droit de Corée. Pour les enfants, elle est une inconnue. Entre elle et le jeune David, tout n’ira pas de soi. A tout le moins au début.  

Reste que l’arrivée de cette grand-mère, qui a apporté dans ses bagages quelques graines de Minari, cette plante coréenne typique, bourrée de vertus, va se révéler pleine de promesses…

Une moisson de récompenses

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© Chris Pizzello

Ça commence par un doublé à Sundance, avec le Grand prix du Jury et le Prix du Public, ça passe par quantité de nominations et de prix et ça finit par un Oscar de la Meilleure actrice dans un Second Rôle pour Yuh-jung Youn. Que dire, si ce n’est que Minari mérite grandement cette reconnaissance, tout autant que Yuh-jung Youn, actrice coréenne de 73 ans, inoubliable dans le rôle de cette grand-mère facétieuse et absolument généreuse qui d’après le petit David n’est pas une vraie grand-mère puisque - pour le citer - elle ne fait pas de gâteaux, elle jure, et elle porte des sous-vêtements d’homme. Ajoutons à cela qu’elle peut piquer dans la quête de la messe (pour la bonne cause), qu’elle adore regarder le catch à la télé et qu’elle est une redoutable joueuse de cartes !

Entre deux cultures

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© 2020 Invision

Outre cet irrésistible personnage de grand-mère, qui évoque la tradition et la transmission, tout dans Minari est finement écrit et élégamment filmé. Le film, qui puise dans les souvenirs du réalisateur Lee Isaac CHUNG, aborde très subtilement quantité de thèmes, tels que les liens familiaux, le couple, l’intégration, le déracinement, en osant donner du temps au temps, en osant la douceur et en multipliant les points de vue.

Des qualités auxquelles vient s’ajouter celle de l’interprétation en tout point remarquable, avec notamment celle du jeune Alan S. Kim (David), confondant de naturel.

On ne saurait trop vous conseiller cette ode à la terre et à la famille particulièrement touchante.

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