" Losers Revolution "… les derniers seront les premiers

« Losers Revolution »… les derniers seront les premiers
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Dans le testament qu’il a laissé Juan, fraîchement enterré, demande deux choses à Simon, Mehdi et Fred, ses trois copains d’enfance : primo, que lors de la prochaine réunion des anciens élèves de leur lycée ils déversent ses cendres sur la tête de tous ceux qui les ont martyrisé et secundo, qu’ils reprennent le flambeau du mouvement qu’il a lancé sur les réseaux sociaux à l’attention de tous ceux qui à l’école ou au travail se sont fait " humilier, rabaisser, tabasser ". 

Le gros problème pour nos trois amis c’est leur très gros déficit de notoriété sur les réseaux sociaux. 

La solution qui se profile : se faire engager dans l’émission de télé-réalité " The real Alpha Belga Boys of Brussels " qui suit 6 mannequins dans leur quotidien et où Henry, le petit frère de Simon, fait un tabac. 

Sauf que Henry déteste Simon…

Une franche comédie

Dans ce film de revanche les réalisateurs Grégory Beghin et Thomas Ancora - qui n’a pas hésité à donner aussi de sa personne devant la caméra (Henry, le beau gosse, c’est lui !) - se sont emparés avec délectation de deux incontournables de notre quotidien médiatique : les réseaux sociaux et la télé réalité, n’hésitant pas (pour notre plus grand plaisir) à forcer le trait, à enchaîner les blagues potaches et les situations trash. 

Il faut dire qu’ils sont bien aidés dans leur entreprise par une distribution des plus enthousiasmante, avec en tête : Clément Manuel (les séries " Ainsi soient-ils ", " Ennemi public "), Kody Kim (le film " Lucky ", le maître de cérémonie des derniers Magritte du cinéma… entre autres), Baptiste Sornin (les séries " Unité 42 ", " Papa ou Maman ") et Tania Garbarski (le film " Le tango des Rashevski ", la série " Les bracelets rouges ").

L’Agenda Ciné est allé à la rencontre de Thomas Ancora, le réalisateur avec Gregory Beghin de « Losers Revolution », leur premier long métrage.

L'Agenda Ciné : Comment est né " Losers Revolution " ? 

Thomas Ancora : Ce film est né d’une demande, celle de la productrice Annabella Nezri qui m’a proposé d’écrire un buddy movie, un film de potes. 

Je suis alors parti sur quelque chose de nostalgique : que sont devenus les anciens ? Que sont devenus les losers ? Que sont devenus les winners ? De là est venue l’idée d’une réunion d’anciens élèves. Au fur et à mesure de l’écriture et parce que les réseaux sociaux et cette nouvelle télé étaient de plus en plus présents dans nos vies, les deux choses se sont greffées ensemble. 

 

Un premier film, c’est souvent beaucoup de soi. Quand on vous voit, on se dit que vous n’avez rien d’un loser. Qu’en est-il ? 

Je parle de harcèlement à l’école, mais le harcèlement c’est partout, en famille, au boulot, dans le couple… le harcèlement c’est universel et c’est toujours d’actualité. Dans le film il est question de losers ados, harcelés physiquement, mais il y a mille façons d’harceler quelqu’un, moralement… et tout le monde a pu le vivre à un moment ou à un autre, à plus ou moins grande échelle, et pour différentes raisons. 

J’ai pu le vivre quand j’étais à l’école et qu’au même moment je tournais la série " Ma Terminale " pour la télévision. 

Un proverbe américain dit : " On ne peut pas être populaire à l’école et réussir sa vie ". 

J’ai réfléchi à cela, et effectivement les mecs qui se font un peu maltraiter à l’école développent une faim de victoires, de revanche qui les poussent à se battre et à faire des choses. 

Venant d’une famille modeste, je ne lâche rien, je me bats jusqu’au bout, et c’est aussi pour cela que ce film s’est fait ! 

 

Pourquoi ce choix d’être derrière et devant la caméra? 

Je suis comédien depuis très longtemps. 

Si j’ai fait ce film, c’est parce que c’est le genre de film que je rêve de faire comme acteur, mais que l’on ne m’offrait pas… tout simplement parce qu’en Belgique on ne fait pas ce genre de film. Alors autant le faire soi-même ! 

 

Vous poussez vos personnages, les dialogues et les situations très loin. À l’heure où beaucoup de choses sont devenues sensibles, n’avez-vous pas eu peur d’aller trop loin ? 

Quand on trouvait une réplique, une situation drôle, on la faisait. Sinon pourquoi ne pas mettre un écran noir pendant 2 heures… et encore, il y aurait des gens pour faire des remarques ! 

On voulait vraiment faire un film décomplexé, qui nous, nous faisait rire, sans se dire que l’on allait heurter telle ou telle minorité. 

Le propre de " Losers Revolution ", c’est que tous les personnages sont des losers, personne n’est épargné. Tous mes personnages, je les aime, mais aucun d’eux n’est beau, fort et parfait… ils sont humains. Difficile donc de critiquer ce qui est humain ! 

 

Votre film est truffé de références. 

À l’écriture, ce fut l’un de mes petits plaisirs avec pour chaque personnage son puit de références pop culture ! 

Il y en a un peu pour tout le monde et je suis curieux de voir si les gens vont tout trouver (ou pas), avec entre autres de grosses références à " Jurassic Park " ! 

Une façon de faire pas belge du tout, pas français du tout. Dans les séries ou les films américains, c’est pour moi quelque chose qui à chaque fois me fait beaucoup rire. 

 

Avec " Losers Revolution " et après " Lucky " d’Olivier Van Hoofstadt, on peut dire que la comédie belge se porte plutôt bien… profitez-en et n'hésitez pas à aller voir " Losers Revolution ".

  • L'Agenda Ciné, tous les lundis à 20h10 sur La Une et sur auvio
  • Ce programme est également disponible en version sous-titrée 
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