Last Night in Soho : Alice au pays des sixties

Eloise est une passionnée de mode, et de tout ce qui tourne autour des années 60. Admise dans une prestigieuse école de stylisme à Londres, elle va pouvoir réaliser son rêve de devenir créatrice de mode. Elle quitte donc sa campagne et sa très chère grand-mère, qui l’a élevée après que sa mère s’est suicidée. Arrivée sur place, Eloise déchante. Sa colocataire est une vraie peste. Elle est moquée par ses camarades qui la trouvent godiche et ringarde. Et ce Londres qu’elle a tant désiré lui apparaît comme un endroit sexiste, oppressant et menaçant.

Les choses s’arrangent un peu quand, répondant à une petite annonce, elle emménage chez Mme Collins, une vieille dame peu commode, mais dont la maison figée dans les années 60 a tout pour lui plaire.

Elle se sent d’autant mieux que ses nuits sont désormais peuplées de rêves merveilleux qui la voient transportée dans le Londres de 1965. Dans ces songes désormais récurrents, elle fait la " connaissance " de Sandy, une jeune femme ambitieuse qui n’a peur de rien, son exact contraire, et dont elle s’inspire quand le matin venu, à 7 heures tapantes, la réalité reprend ses droits. Mais au fil des nuits ces " rendez-vous " avec Sandy virent au cauchemar

So British !

Parodie de film d’horreur (Shaun of the dead), de film policier (Hot Fuzz), de film de science-fiction (Le dernier pub avant la fin du monde), de teen-movie en mode jeu vidéo (Scott Pilgrim), de polar ultra pop (Baby Driver)… depuis 2004 Edgar Wright revisite à la sauce anglaise le film de genre, le twistant avec une bonne dose d’humour et d’inventivité.  

Si pour Last night in Soho le réalisateur anglais jongle à nouveau avec les genres (le conte de fées, le voyage dans le temps, et le Giallo), il n’a ici pas joué la carte de la parodie et de la franche comédie.

Son film commence comme toutes les success-stories qui voit une oie blanche à l’assaut de la grande ville, des rêves plein la tête et de l’ambition à revendre. Les coups durs et les coups fourrés auront raison de ses illusions, feront vaciller ses certitudes. Mais forte de toutes ces épreuves, et toujours accrochée à son rêve …

Double je

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Sur cette trame au tracé prévisible, Edgar Wright va de bout en bout nous surprendre, déjouant toutes nos attentes.

En effet, plutôt que de nous proposer une success-story, il nous en racontera deux. L’une emmenée par Eloise, l’autre par Sandy. Deux personnalités, miroir l’une de l’autre, deux histoires, deux époques, qui bientôt vont s’entremêler et se répondre jusqu’au vertige.

Last night in Soho, c’est aussi quantité de faux semblants avec en particulier cette plongée dans le Swinging London - une époque idéalisée par Eloise et magnifiée à l’image par Edgar Wright - qui tient autant de l’hommage sincère à cette décennie bouillonnante que de la claque donnée à tous ceux qui pensent que " c’était mieux avant ".

Cette intrigue qui s’accompagne d’un travail sur l’image absolument virtuose et d’une interprétation sans faille (Thomasin McKenzie vue récemment dans Old, Anya Taylor-Joy révélée dans la série Le jeu de la dame, Terence Stamp, Diana Rigg dans son dernier rôle…) délivre au passage un subtil et bienvenu discours féministe.

Last night in Soho est d’une séduction imparable… ne vous en privez pas !

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