" La Bonne épouse "… la comédie qu'il fallait

« La Bonne épouse »… la comédie qu’il fallait
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« La Bonne épouse »… la comédie qu’il fallait - © Tous droits réservés

Paulette Van der Becq est un modèle de femme "accomplie". Dans l’école qu’elle dirige avec son mari, elle inculque à ses jeunes élèves les valeurs et les préceptes de la parfaite maîtresse de maison et de l’épouse modèle… qu’elle est, il va sans dire ! 

Alors que se profile un mai 68 ravageur, la vie et le monde de Paulette sont en passe de s’écrouler quand son mari décède brutalement et qu’à cette occasion elle découvre qu’elle est ruinée. 

Soutenue dans l’épreuve par son équipe professorale composée de sa sœur Gilberte et de Sœur Marie-Thérèse, la bonne épouse va vaillamment redresser la barre, faire sa révolution et devenir une femme affranchie

Femmes des années 60

"Être une femme libérée, c’est pas si facile" chantait Cookie Dingler en 1984… en 1967 ça l’était encore moins, et Martin Provost de nous le rappeler avec à propos. 

Le réalisateur de "Séraphine" (César du Meilleur film et du Meilleur scénario original en 2009), de "Violette" ou encore de "Sage-femme" croque une époque pas si lointaine où la femme venait d’obtenir le droit de travailler sans l’accord de son mari, le droit d’avoir son propre compte en banque et de signer des chèques (1965). 

Avec toute la fantaisie dont elles sont capables, Juliette Binoche, Yolande Moreau et Noémie Lvovski nous offrent trois portraits de femme et nous embarquent avec une énergie folle dans cette aventure de l’émancipation au féminin.

Rencontre avec Martin Provost, le réalisateur dont les films sont souvent une ode à la femme.

L’Agenda Ciné : Comment de cette découverte d’une réalité peu connue et digne d’intérêt - celle des écoles ménagères (qui disparaîtront dès 1970) - vous en avez conçu une fiction ? 

Martin Provost : Je travaille à ma façon. Je n’ai jamais de structure. Je pars avec l’histoire et surtout avec des images qui me viennent très vite dans la tête, comme celles par exemple de Yolande Moreau dans sa cuisine en train de couper la tête d’un lapin. 

Il y a des films qui doivent se faire. Celui-là a écarté tous les autres. 

Et tout s’est très vite mis en place. 

 

Pourquoi avoir choisi ce ton de la comédie ? 

Il s’est imposé à moi, sans doute par un désir de liberté ; aussi et surtout après avoir vu toute cette imagerie concernant ces écoles. Elle révèle un monde tout à fait révolu, obsolète. En voyant toutes ces images, le ton était déjà donné ! 

J’avais envie de faire un film militant, mais drôle et joyeux, de montrer à quel point par le rire la vie flirte toujours entre la comédie et le tragique. Ce sujet s’y prêtait pleinement. 

 

Il y a également une part de drame dans votre film 

Il fallait que le film ne se réduise pas à la comédie annoncée au départ avec ce monde extraordinaire de l’école ménagère, ces élèves qui sortent de leur cambrousse avec leur valise et qui vont être programmées pour faire un bon mariage. 

Il fallait que le personnage de Juliette soit au cœur du film et se transforme complètement. Il fallait l’amener petit à petit vers elle-même, qu’elle ne soit plus une caricature de femme, qu’elle ne soit plus dans le rôle qu’on lui attribue et qu’elle veut attribuer aux autres… chose qui se fait surtout dans la rencontre avec Édouard Baer, celui qui fut son premier amour. 

 

Peut-on dire que vous avez réalisé un film historique ? ! 

Sur le moment, je ne m’en suis pas rendu compte et je ne pensais pas à ça ! Mais je savais que je parlais de quelque chose de très important et que l’écueil était la caricature. 

Je crois que la force du film réside en ce qu’il donne à voir aux autres d’où l’on vient et où l’on va, à quel point le monde change et que le monde des femmes est en pleine révolution… c’est formidable et absolument nécessaire. 

Gardons la bonne distance. Ne perdons pas ce que nous sommes, qui nous sommes, et surtout l’amour que nous avons les uns pour les autres. 

La Bonne épouse est le film qui est le plus proche de moi, de ce que je suis. 

 

" La Bonne épouse "… vous allez passer un moment extra en sa compagnie, alors n’hésitez pas, rendez-vous dans les salles !

  • L'Agenda Ciné, tous les lundis à 20h10 sur La Une et auvio
  • Ce programme est également disponible en version sous-titrée
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