de Gaulle… en toute intimité

De Gaulle… en toute intimité
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De Gaulle… en toute intimité - © Tous droits réservés

Un portrait de Charles de Gaulle, côté cour et côté jardin, sur le point, à 50 ans, de rentrer dans l’Histoire à l’occasion de son mémorable appel du 18 juin… et à l’heure où nous célébrons les 80 ans de ce moment crucial de la Seconde Guerre mondiale.

D’entrée de jeu, on découvre un Charles de Gaulle dans l’intimité, avec sa femme Yvonne puis entourée de sa famille lors d’un repas à Colombey-les-Deux-Eglises. Le film le montre ensuite sur le front, le 28 mai 1940, dans son rôle de Colonel, pour le retrouver le 6 juin 1940 dans les salons feutrés de la République où, promu Général (deux étoiles), il tente d’imposer ses vues face à un Maréchal Pétain très influent, à l’opposé de sa position.

Au fil des dates marquantes, on voit Charles de Gaulle accomplir ce qui compte le plus à ses yeux : " sauver la France ". En parallèle, on suit le parcours de sa femme et de ses enfants, jetés sur les routes de l’exode qui passera par le Loiret, la Bretagne et finalement l’Angleterre.

À nouveau réunie, la famille se retrouvera à Londres la veille de l’appel à la résistance que de Gaulle lancera sur la BBC, où 4 minutes d’antenne lui ont été accordées.

Un biopic qui s’est fait attendre.

Si on ne compte plus les livres et les documentaires sur Charles de Gaulle, curieusement le cinéma s’est peu attaqué de front à cette figure essentielle du 20e siècle… quand Winston Churchill, l’autre grand nom de cette époque, s’est vu consacrer nombre de films.

Voilà qui est chose faite avec ce biopic que signe Gabriel Le Bomin, connu pour avoir déjà approché son sujet dans des documentaires (Guerre d’Algérie, la déchirure, Ve République…).

Face à un homme au parcours impressionnant et devenu mythique, à qui l’on doit d’incarner la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale, qui réforma la Constitution pour fonder la Ve République, qui décida de l’élection au suffrage universel direct du Président de la République en 1962, qui fut l’artisan de la décolonisation ou qui ne comprit pas Mai 68…  le réalisateur de Nos Patriotes et de Les Fragments d’Antonin choisit de saisir le moment, entre avril et juin 1940, où Charles de Gaulle est en train de se forger un destin.

Ses convictions personnelles, son rôle politique au sein du gouvernement de Paul Reynaud, et ses tractations avec Churchill sont parfaitement détaillés, et exposés avec un éclairage particulier (et c’est toute l’originalité du film) : celui de la relation forte qu’il entretenait avec sa femme, et de son amour profond pour Anne, sa benjamine née handicapée.

Un acteur à la hauteur

Face à une telle stature, quel acteur allait pouvoir entrer dans la peau de ce héros national ?

Une question de taille… au propre comme au figuré !  

Après Pierre Vernier, Bernard Farcy, Patrick Chesnay, Henri Serre, Adrien Cayla-Legrand ou encore l’imitateur Henri Tisot, c’est à Lambert Wilson au prix de 3h30 de maquillage que revient le soin d’incarner le Grand Charles, celui que ses camarades de Saint-Cyr surnommaient : " Grande asperge " ou " Sot en hauteur " et qui s’adressant à Louis Joxe, un de ses collaborateurs, disait : " Nous les géants, les chaises sont toujours trop petites et les tables trop basses ".

La silhouette, la taille, la dégaine de l’acteur sonnent comme une évidence quand son interprétation vise juste, passant ce qu’il faut d’émotions et avec le bon goût de ne pas essayer d’imiter le phrasé si caractéristique de son illustre modèle.

Le reste de la distribution n’est pas en reste avec notamment Isabelle Carré (Yvonne), Olivier Gourmet, Catherine Mouchet.

Un grand moment d’histoire à s’offrir (enfin !) sur grand écran.

 

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