Calamity : L'enfance d'une figure légendaire

Calamity : L’enfance d’une figure légendaire
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Calamity : L’enfance d’une figure légendaire - © Tous droits réservés

Des roulottes progressent en file indienne dans les grandes plaines de l’Ouest américain. À la tête du convoi, Abraham, un homme austère et strict, emmène plusieurs familles en direction de l’Oregon avec, en cette année 1863, l’espoir d’une vie meilleure. Parmi elles, la famille Cannary, qui n’a été acceptée dans cette expédition que par charité et suite à la promesse faites à la maman sur son lit de mort.

Au cours du voyage, lors d’un passage difficile, Robert, le père, fait une embardée. Après avoir cassé un essieu du chariot familial, il est blessé en essayant de rattraper son cheval.

Martha, l’aînée des trois enfants va, contre l’avis de tous, prendre les choses en main. Elle n’a peur de rien, n’a pas la langue dans sa poche et face aux moqueries, elle ne se laisse pas faire. Conduire le chariot, monter à cheval, porter un pantalon pour plus de commodité… ses initiatives vont finalement indisposer tout le monde. Accusée à tort d’un vol, Martha est obligée de fuir. N’ayant de cesse que de prouver son innocence et de retrouver les siens, elle va vivre un tas d’aventures, faire de nombreuses rencontres… tout ce qui fera d’elle la future Calamity Jane.

Fort d’une superbe animation et du concours de voix judicieusement choisis, avec notamment celle de Salomé Boulven pour Martha Jane et d’Alexandra Lamy pour Madame Moustache, " Calamity " nous offre le souffle de l’aventure ainsi qu’une jolie leçon d’émancipation à travers le portrait nuancé et plein de fantaisie de celle qui deviendra Calamity Jane.

L’Agenda ciné est parti à la rencontre de Rémi Chayé, réalisateur, co-scénariste et concepteur graphique sur le film.

L’Agenda ciné : Pourquoi cet univers du Far West en général et la jeunesse de la future Calamity Jane en particulier ?

Rémi Chayé : Plus que le Far West, tout part de l’envie de raconter l’histoire de Calamity Jane. À l’occasion d’un documentaire qui est passé sur ARTE, j’ai découvert qu’elle avait fait la route de l’Oregon. De là, j’ai eu envie de raconter cette histoire qui voit une gamine qui se sent vraiment fille, être plongée dans la vie des hommes, découvrir la liberté qui va avec, et refuser de la rendre quand on va le lui demander.

 

Votre film fait une belle place à l’imagerie du western, avec en particulier les paysages de l’Ouest américain

Il est vrai que les grands espaces en général et les espaces du Far West en particulier me fascinent. Surtout quand on est européen et que l’on est habitué à traverser des espaces où il y a toujours une petite ferme, une petite colline, un petit village.

Le gigantisme de cet Ouest américain avec ces grandes plaines plates qui s’étendent sur des milliers de kilomètres est fascinant… et il nous a demandé beaucoup de travail !

 

Côté animation, quels ont été vos choix artistiques ?

Notre style graphique se définit par le fait qu’il n’y a pas de contour. On a des touches de couleurs qui se juxtaposent et qui créent l’illusion de personnages qui bougent, qui vivent.

Cette technique que l’on a mise au point, elle se fait sur écran. Ça demande de réaliser 10, 12 dessins par secondes. Ce sont 3 équipes de 25 personnes qui travaillent chacune pendant 8 à 10 mois, et ce sont 3 étapes principales avec le posing, l’animation et le dessin d’animation, si on ne parle que de la façon de faire bouger les animaux et les personnages.

Sur ce film, je suis co-auteur graphique. Mais quand on parle film d’animation, il est toujours question de travail collectif, que ce soit pour le scénario, le story-board (la colonne vertébrale du dessin animé) et ensuite pour toute la fabrication. 

 

Pourquoi avoir choisi de raconter l’enfance (une enfance) de ce personnage devenue une figure historique ?

Nous voulions montrer aux enfants comment ce personnage avait pu se construire, et cela de manière ludique, puisque c’est une fiction et non un biopic.

La vie de Martha Jane Cannary est une longue descente aux enfers. Elle a fini dans le caniveau. Elle est orpheline très tôt. Elle est devenue alcoolique très tôt … on va dire que la tragédie commence à la fin de notre film. Et l’idée était de faire un film positif et heureux, où cette gamine finit par trouver sa place dans la communauté !

 

Si de l’idée au film sur grand écran votre projet a demandé plusieurs années de travail, il fait curieusement écho à ce qui se passe aujourd’hui et à cette sorte " d’ébullition " actuelle autour du féminisme. Y voyez-vous un hasard… ou pas ?

Cela m’intéresse beaucoup de travailler avec des modèles alternatifs, des personnages qui ne soient pas des princesses, des " warriors " ou des guerrières avec des supers pouvoirs. L’envie est là, profonde, de présenter cela aux enfants.

Le travail sur le scénario a commencé bien avant " Me too ", mais c’était dans l’air du temps.

 

Comment écrit-on pour des enfants ?

On s’interdit globalement les flingues (malgré quelques coups de fusil dans le film) et le sang. C’est aussi des portes d’entrée pour les plus petits, via les animaux, par exemple.

Ensuite, on n’édulcore pas du tout la dureté des relations entre les personnages, on mène les scènes jusqu’au bout, tout en essayant de rester ludique.

On a créé des personnages qui ont toujours une part de lumière et une part d’ombre. On évite la trop grande simplicité de personnages archétypaux.

" Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary " : un film pour faire grandir, dès 6 ans, et que l’on recommande chaudement aux parents également ! 

  • L'Agenda Ciné, tous les lundis à 20h20 sur La Une 
  • Ce programme est aussi disponible en version sous-titrées
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