« ADN » : un film à fleur de peau

Après la mort de son grand-père, Neige, divorcée et mère de trois enfants, va tour à tour affronter ses contradictions, questionner ses origines et régler ses comptes avec ses parents.

Émir Fellah, 93 ans, diminué par la maladie d’Alzheimer, est aujourd’hui dans une maison de retraite. Toujours aussi souriant, amusant et bienveillant, il est celui autour duquel toute la famille aime se rassembler. En témoigne le livre de photos conçu rien que pour lui, feuilleté avec l’un ou l’autre de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, et fait pour raviver les souvenirs de sa longue vie bien remplie : la guerre d’Algérie, son arrivée en France à l’âge de 22 ans, son militantisme et la famille qu’il crée et qui s’agrandit.

Mais le moment si redouté arrive quand ce grand-père tant aimé s’éteint tranquillement dans son lit.

Pour Neige, sa petite fille, la peine est d’autant plus grande qu’Émir était un repère, une source inépuisable d’amour, lui qui l’éleva et la protégea de la toxicité de ses parents.

Entre ce chagrin partagé avec tous les membres de cette famille pour le moins éclatée, et les blessures qui ressurgissent à cette occasion et qui se font plus douloureuses que jamais, Neige se lance sur les traces de ses origines algériennes, dans une quête d’identité effrénée. Au bout du chemin, elle aura rendez-vous avec une forme de libération

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Une réalisatrice singulière

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Aller voir un film de et avec Maïwenn c’est un peu comme partir pour un tour de Montagnes Russes. Qu’elle nous propose la chronique d’un drame familial sur le vif, caméra au poing (" Pardonnez-moi "), qu’elle nous emmène explorer, façon documentaire, le monde des actrices côté pile et côté face (" Le bal des actrices "), qu’elle nous fasse partager le quotidien des policiers de la Brigade de Protection des Mineurs (" Polisse "), ou qu’elle nous embarque au cœur d’une histoire d’amour destructrice (" Mon roi "), la réalisatrice française n’a pas son pareil pour saisir sur le vif la réalité d’une situation, qu’elle soit sociale ou psychologique

Avec la folle énergie de sa mise en scène, son sens des dialogues et sa capacité à passer du drame à la comédie en moins de temps qu’il ne faut pour le dire - la marque de tous ses films - Maïwenn nous ballotte constamment entre le rire et les larmes.

Sa vie est un roman

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14 ans après " Pardonnez-moi ", son premier long métrage, " ADN " creuse à nouveau le thème de la famille. Difficile de ne pas rapprocher les deux films qui ont ceci en commun d’être largement autobiographique. Si ce récit très personnel se déroule ici encore à la première personne du singulier, Maïwenn (également rôle principal et co-scénariste avec Mathieu Demy) évite de s’y enfermer en laissant suffisamment de place aux autres personnages et en faisant preuve d’une réjouissante autodérision.

En s’attachant à la mort de son grand-père, à l’organisation de ses funérailles, et au deuil que chacun vit à sa façon, elle fait ressurgir tous les non-dits, les failles et les dissensions au sein de la famille… et nous ramène à ce que chacun de nous a pu vivre ou vivra à un moment de sa vie.

Drôle, rageur, excessif, touchant, porté par une distribution remarquable de naturel. On savoure entre autres la férocité de Fanny Ardant, l’espièglerie de Louis Garrel, et le " less is more " de Marine Vacth.

ADN " bouleverse autant qu’il vivifie… courez le voir dès sa sortie en salles le mercredi 9 juin. 

 

 

 

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