Doubler ou sous-titrer les interviews du Journal télévisé ?

Frédéric nous a écrit il y a quelques jours et suggère de : " sous-titrer toutes les interventions non francophones dans les journaux télévisés ".

Thérèse, elle, nous demande " pourquoi il n'y a pas de traduction vocale pour le néerlandais dans les JT, surtout quand il s'agit d'hommes ou de femmes politique. " 

Dans le journal télévisé, la plupart des interventions dans une langue autre que le français sont doublées, à l’exception du néerlandais. Bruno Clément, rédacteur en chef du JT nous explique que pour le néerlandais seulement, le sous-titrage est une obligation. C’est effectivement inscrit dans le contrat de gestion de la RTBF. Pourquoi ?

Parce qu’en privilégiant le sous-titrage, on laisse audibles les propos de la personne interviewée et on permet aux téléspectateurs soit de se familiariser avec la deuxième langue du pays soit, pour ceux qui la connaissent bien, de pouvoir saisir toutes les nuances des propos.

Cette attention portée à l’apprentissage de la langue est partagée par la VRT, qui va plus loin encore. Sur Radio éen par exemple, les intervenants francophones ne sont pas traduits.

Pourquoi la RTBF n’applique pas cette règle à toutes les langues ?

A cause de la plus grande contrainte du journaliste : le temps. Souvent, pour le JT, le journaliste n’a pas le temps de sous-titrer sa traduction. Il revient de tournage, est passé au montage, à la sono pour enregistrer ses commentaires et c’est déjà l’antenne. Le contrat de gestion prévoit donc des adaptations. Pour l’anglais et l’allemand, le sous-titrage est recommandé mais pas obligatoire et pour le néerlandais, il existe une exception précise Bruno Clément : si le matériel (c’est-à-dire l’interview) arrive moins d’une heure avant l’antenne, le doublage est autorisé.

Comme il est impossible pour la rédaction de couvrir toute l’actualité internationale, elle est  en contact avec d’autres médias ou rédactions, partout dans le monde. Via le réseau Eurovision qui permet aux médias d’échanger des images, des sons. Mais aussi via les agences de presse (AFP, Reuters, CNN…). Bruno Clément nous explique que les journalistes sont donc vite confrontés à de nombreuses langues : l’indien, le russe, le norvégien etc…

Les agences de presse traduisent toutes ces langues en anglais. Les propos passent donc de la langue originelle à l’anglais puis au français. L’inconvénient de cette cascade de traduction est inévitablement une perte de nuances. Il n’est pas toujours facile non plus de coordonner précisément les images qui correspondent aux propos dans la langue originale et la traduction. Les téléspectateurs qui connaissant la langue peuvent donc remarquer certains décalages.

Et puis, il y a les faux-amis nous expliquent plusieurs journalistes. Ils peuvent changer le sens d’une information. C’est rare disent-ils mais ça arrive.

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