COVID-19 : des outils pour faire le tri dans cette actualité mouvementée

La chaleur printanière tue le Coronavirus, la cocaïne soigne et boire de l’eau toutes les 15 minutes serait le remède miracle… On a bien envie d’y croire, et pourtant c’est faux ! Dans notre époque ultra connectée, le partage de l’information n’a jamais été aussi rapide et varié. Difficile de faire la part des choses entre le vrai et le faux tant le flux d’actualité est débordant. Comme l’explicite le journal Le Monde : en 2018, sur une durée de six mois, plus d’un tiers des enfants âgés de 10 à 18 ans ont relayé une " fake news ". Les personnes plus âgées sont elles aussi très enclines à partager ce type de contenus. Cela soulève donc une question cruciale, peut-on s’informer en étant sûrs (ou presque) de la véracité de nos informations ?

Dans cette vidéo, un journaliste de la rédaction Info de RTBF revient sur ce qu’est une fake news :

 

 

En octobre 2019, la RTBF a mis en place un outil pour estimer la fiabilité d’articles d’information : Faky (dont la première version a rapidement dû être adaptée). Conçu en partenariat avec plusieurs dispositifs servant à évaluer la véracité des actualités partagées sur internet, Faky propose de vérifier les sources, le degré de subjectivité d’un article ou encore de retrouver l’origine d’une photo publiée sur le web.

À côté de cet outil RTBF, nous pointons ici pour vous cinq décrypteurs de l’information en ligne, pour tenter de repérer les fake news en quelques clics.

1) Décodex

Cet outil est un des partenaires de Faky. Il a été mis en place par le journal Le Monde en 2017 dans leur rubrique Les Décodeurs. De la même manière que Faky, il invite les internautes à entrer le lien de leur article dans sa barre de recherche pour s’occuper ensuite de donner une appréciation sur la fiabilité du site. En fonction du taux d’exactitude des informations partagées par la plateforme, Décodex affiche trois messages possibles qui permettent de savoir si le site relate beaucoup de fausses informations, s’il est satyrique ou s’il est plutôt fiable. Dans tous les cas, le site invite tout de même à toujours à croiser les sources et à tenter de retrouver l’origine de l’information. Cet outil connaît cependant certaines limites puisque beaucoup de plateformes n’ont pas encore été analysées par celui-ci. Pour compenser, il invite les internautes à envoyer des liens de sites à vérifier.

2) Le guide de vérification

Ce livre, disponible gratuitement en version numérique ou à l’achat pour ceux préférant la version papier, permet de fournir un véritable mode d’emploi pour la vérification de l’information. Publié en 2014 par le Centre Européen de Journalisme (EJC) et destiné en premier lieu aux professionnels (journalistes, travailleurs de l’urgence et de l’humanitaire), il peut être une source intéressante pour le grand public. Il donne des conseils pratiques sur la façon de vérifier et d’utiliser des informations fournies par les internautes, les médias officiels et non-officiels (notamment sur les réseaux sociaux). S’il est utile pour les professionnels en cas de crise ou de catastrophe dans les rédactions, il peut tout aussi bien servir à n’importe quel citoyen souhaitant diffuser de l’information.

3) Hoaxbuster

Ce site est une plateforme collaborative qui lutte contre la désinformation. Elle a été créée en 2000 par Bruno Roy-Contancin, Guillaume Brossard et Pierre Roy-Contancin, afin de réduire la propagation de rumeurs, de fausses informations et de canulars sur le net. Si elle s’intéressait d’abord aux arnaques et aux rumeurs qui circulaient dans les e-mails, elle a ensuite élargi son champ d’action depuis l’apparition des réseaux sociaux. Son mode de fonctionnement est simple : les internautes repèrent de potentielles fausses informations et les envoient à la plateforme qui s’occupe de mener l’enquêter pour démêler le vrai du faux. Pour se faire, elle contacte les institutions concernées par la rumeur par exemple. Hoaxbuster répertorie ensuite toutes les rumeurs sur sa plateforme en indiquant leur degré d’authenticité grâce à des pastilles de couleurs vertes (vrai), oranges (du vrai et du faux) et rouges (faux) ainsi que des informations détaillées sur la rumeur en question.

4) InVID

Disponible sous la forme de plug-in ou d’un site internet, il s’installe sur la barre de votre moteur de recherche ou peut se consulter en ligne. InVID permet de vérifier la véracité des images et vidéos circulant sur les réseaux sociaux tels que Twitter, Facebook, YouTube, Instagram, Vimeo, Dailymotion, LiveLeak et Dropbox. Cette plateforme a été créée en 2018 par Horizon 2020, un programme d’innovation et de recherche de l’Union européenne. Son fonctionnement est simple, une fois le plug-in installé il est possible d’entrer l’URL d’une vidéo en ligne afin de recevoir toutes les informations concernant celle-ci. Parmi les informations de la vidéo, on retrouve un message affichant si la vidéo est vraie ou fausse.

5) Tiny Eye

Créé en 2008 par l’entreprise Idée, Inc. ce dispositif permet de faire des " recherches inversées " d’images trouvées en ligne. Lorsque vous disposez d’une image dont vous voulez vérifier la source, vous pouvez, grâce à ce moteur de recherche, trouver toutes les images similaires à celles ayant déjà été postées sur le net. Il est possible, grâce à ce processus, de retrouver l’origine d’une image et de savoir pour quels articles elle a pu être utilisée.

Dans un monde où le scrolling sur les réseaux sociaux est devenu tendance, ces détecteurs de FakeNews semblent essentiels. Ils permettent aux citoyens de reprendre en main le flot d’informations qu’ils reçoivent et de s’assurer d’être bien informés. Certains de ces outils ont d’ailleurs permis de calmer le buzz de fausses informations comme InVID, en 2016, qui avait démontré qu’une vidéo d’un enfant se faisant attraper par un aigle avait été montée de toutes pièces.

Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK