Comment les émissions de la RTBF se sont adaptées en période de confinement ?

Skype du grand cactus
Skype du grand cactus - © RTBF

Avec l’arrivée du COVID 19 et les mesures de confinement, les émissions de la RTBF ne peuvent plus être enregistrées de manière habituelle. De gros changements ont été mis en place pour faire face à la situation.

Changement de programmes, fusion d’équipes, tournages maison, interviews par Skype, vidéos du public… Les codes de la télévision ont quelque peu été bousculés ces dernières semaines. Depuis le début du confinement, les émissions de la RTBF ont dû se réinventer.

Zoom sur 3 exemples : Le Grand Cactus, On n’est pas des pigeons, Le Jardin Extraordinaire

Une évolution pas toujours facile…

Tanguy Dumortier, présentateur du Jardin Extraordinaire, s’est adapté à cette nouvelle façon de travailler malgré quelques difficultés : " La matière à transférer pour les émissions est relativement conséquente, il est complexe de tout transférer au monteur. De plus, les communications en tant de confinement s’avèrent plus opaques que d’habitude. Les boîtes mails se retrouvent souvent inondées de messages et il est parfois compliqué de faire le tri. Mais la situation est surtout difficile pour le réalisateur qui, lui, se retrouve comme un chef d’orchestre sans musiciens ou plutôt avec des musiciens à distance ".

Pour Marie Iker, productrice du Grand Cactus, les problèmes sont essentiellement liés au matériel : " Les chroniqueurs doivent tout enregistrer seuls chez eux. Ils sont uniquement équipés de leurs téléphones et tentent de s’adapter à leur environnement pour avoir la meilleure qualité possible de vidéo. Malheureusement, la qualité sonore laisse parfois un peu à désirer ". Elle rejoint également Tanguy sur le transfert de matière, celui-ci semble être un véritable casse-tête en cette période de corona.

Thibaut Roland, chroniqueur dans l’émission " On n’est pas des pigeons ", affirme également que ce n’est pas simple : " Le changement d’émission a été un gros chamboulement. Nous sommes passés de quatre jours d’enregistrement par semaine à sept, afin de pouvoir proposer plus de contenu. Une nouvelle équipe a aussi été mise en place pour les enregistrements et il a été un peu difficile de prendre ses marques au début, mais finalement la mayonnaise a pris. " En parlant des thèmes de l’émission, celui-ci continue : " On a dû complètement se réinventer. On ne propose plus uniquement des contenus liés à la consommation mais également à des sujets plus sociétaux, on essaye d’entrer plus dans la vie des gens".

…qui s’est tout de même avérée positive

Heureusement, la situation un peu chaotique a laissé une large place à la créativité.

Thibaut est satisfait des changements mis en place : " Les nouvelles thématiques proposées dans l’émission ont apporté un véritable enrichissement. Les chroniques divertissantes proposées par Sara de Paduwa apportent une véritable fraîcheur à l’émission et les différentes interviews du public permettent de mieux découvrir celui-ci ".

Tanguy, lui, a décidé de faire participer son public : " Comme on ne peut plus tourner, on trouvait ça bien de faire participer les gens à nos émissions pour découvrir aussi leurs jardins, on a fonctionné avec des Skypes ". Cependant, l’équipe du Jardin Extraordinaire avait déjà une longueur d’avance, ils comptent donc proposer des émissions habituelles : " Nous avions déjà tourné plusieurs émissions au printemps dernier, on va donc pouvoir proposer des émissions classiques en plus des deux spéciales que l’on a déjà diffusé ". Pour le présentateur du Jardin Extraordinaire, travailler depuis la maison n’est pas un souci : " J’ai à ma disposition du super matériel. Je peux donc enregistrer sans aucun problème mes animations ".

Enfin, Marie souligne avec un petit rire le côté pédagogique de ce confinement : " Ça a permis à nos chroniqueurs d’apprendre beaucoup de choses au niveau technique ! Ils doivent tout enregistrer eux-mêmes. Ça les met à la place des techniciens et ils découvrent que ce n’est pas toujours facile comme métier ". Tout comme les Pigeons, l’équipe créative du Cactus déborde d’imagination pour proposer des nouveaux contenus malgré la situation : " Grâce à mon équipe, je n’ai pas peur de manquer d’idées pour proposer un contenu original et divertissant pour notre public ".

Et le public dans tout ça ?

De manière globale, nos trois interviewés expliquent que les différents retours du public ont été positifs. Non seulement les audiences ont globalement augmenté depuis le début de l’épidémie, mais les différents messages envoyés par le public aux émissions démontrent un réel enthousiasme.

Du côté du " Grand Cactus ", les retours sont encourageants : " Même face à une baisse de la qualité des vidéos, le public est reconnaissant et apprécie de pouvoir toujours se divertir malgré la situation. On a beaucoup de retours très bienveillants ".

Même son de cloche auprès de Tanguy : " On reçoit énormément de réactions par mail, Facebook ou par courrier. Les retours sont globalement très positifs, cela plaît beaucoup au public de participer activement à l’émission ".

La boîte mail de la rédaction des Pigeons ne désemplit pas : " Les retours des gens sont assez positifs ", note Thibaut, " même s’il y a plusieurs écoles face aux changements de l’émission. Certaines personnes aimeraient encore plus de divertissement pour se changer les idées, d’autres jugent que ce n’est pas une période d’amusement et qu’il faudrait rester sérieux, par respect. Il y a donc tout un travail d’équilibriste entre les différentes demandes pour tenter de satisfaire tout le monde ".

Une messe télévisée inédite

La réadaptation des émissions n’est pas le seul exemple de gros changements ayant lieu avec le COVID 19. La communauté religieuse a également été bouleversée par le confinement et n’a plus la possibilité de se rendre dans des lieux de cultes. Il n’est pas rare de suivre la messe à la télévision mais celle de ce dimanche avait un côté inédit puisqu’elle a été entièrement réalisée dans un décor virtuel chez Keywall à Charleroi et en équipe très réduite, du jamais vu ! Elle a été diffusée en direct le 19 avril 2020 sur la Une, en radio sur la Première et sur France 2, à l’occasion du second dimanche de Pâques.

On le voit, maintenir des émissions ou certains événements quotidiens dans les conditions que nous connaissons est un défi complexe pour la RTBF. Que ce soit d’un point de vue technique ou d’un point de vue contenu, les équipes ne manquent pas d’imagination pour poursuivre leurs rendez-vous habituels (également par le biais de fusions entre deux programmes existants) et pour satisfaire leur public, et ce, malgré les nombreuses contraintes liées au confinement.

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