Vincent Lindon, un acteur engagé

Vincent Lindon, un acteur engagé
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Vincent Lindon, un acteur engagé - © Tous droits réservés

Février 2016, Vincent Lindon grimpait à bord du taxi. Une course nocturne mémorable inscrite au panthéon des meilleures rencontres de notre émission. L’acteur y révélait son engagement humaniste et citoyen à l’origine de la plupart de ses rôles.

Tout au long de sa carrière, Vincent Lindon a incarné de nombreux personnages engagés confrontés à la misère sociale. De "La Crise" à "La Loi du Marché" en passant par "Welcome" ou "Toutes nos envies", ses choix scénaristiques s’ancrent dans une réalité politique et sociale étrangère à son illustre pédigrée. Il est l’un des héritiers de l’empire industriel Citroën, le petit-fils de Raymond Lindon (longtemps maire d’Étretat et membre créateur de l’État d’Israël), le neveu du patron des éditions de Minuit et le fils d’Alix Dufaure, journaliste mode à Marie-Claire

Mais malgré une enfance dorée sur tranche, Vincent peine à trouver sa vocation. Inscrit en fac de commerce, il déchante au bout d’un mois. Un stage dégoté par sa mère sur le film "Mon oncle d’Amérique" d’Alain Renais, un job d’attaché de presse radio à New-York pour le label Cachalot Records fondé par son oncle, Eric Dufaure puis, un poste de régisseur sur les tournées de Coluche lèveront le doute et le mèneront à 24 ans au cours Florent. Son prof, Francis Huster le recommande à Paul Boujenah pour "Le Faucon" en 1983. Un premier petit rôle suivi par d’autres du même acabit notamment dans "Notre Histoire" de Bertrand Blier, "37°2, le Matin" de Jean-Jacques Beineix ou encore "Quelques jours avec moi" de Claude Sautet.

C’est la comédie romantique "L'Étudiante" de Claude Pinoteau où il partage la tête d'affiche avec Sophie Marceau qui le fait connaître au grand public en 1988. Pour son premier rôle titre masculin, il reçoit le Prix Jean Gabin. Avec "La Crise" de Coline Serreau, en 1992, il étoffe son registre dramatique et endosse en primeur l’un de ses personnages à dimension sociale et engagée qui lui collent désormais à la peau

Comme celui de Thierry, le chômeur de longue durée de "La Loi du Marché" de Stéphane Brizé qui lui vaut son César du meilleur acteur et son prix d’interprétation à Cannes en 2015. "L’un de trois plus beau jours de ma vie", confie-t-il. En 2018, Vincent Lindon retrouve pour la quatrième fois, le réalisateur sur "En guerre" où il campe cette fois, le leader syndical contestataire d’une usine en pleine restructuration. 

Homme de conviction au caractère entier, notre invité est par ailleurs d’une fidélité professionnelle indéfectible. Parmi ses réalisateurs fétiches, outre Stéphane Brizé et Coline Serreau, il y a Claude Lelouch (La belle histoire, Tout ça… pour ça !…), Pierre Jolivet (Fred, Ma petite entreprise…), Philippe Lioret (Welcome, Toutes nos envies…). Sans oublier Benoît Jacquot qui l’a dirigé de "L’École de la chair" à "Pas de Scandale" en passant "Le 7ème ciel" jusqu’à son ultime opus en date, "Dernier amour" (2019) tiré des mémoires du célèbre séducteur vénitien Casanova.  

"Je ne me trouve pas beau, mais je ne voudrais être personne d’autre", affirme l’acteur qui fut le prétendant de Claude Chirac, Caroline de Monaco, Chiara Mastroianni et Sandrine Kiberlain, la mère de sa fille Suzanne. L’animal public s’avère être au privé d’une nature complexe et sans nulle concession à l’égard de sa propre personne. "Je pense que si je me rencontrais, je serai rapidement exaspéré. Heureusement, ce sont les autres qui me rencontrent." L’occasion faisant le larron, Vincent Lindon ne croit si bien dire !