Kody prend du galon en télévision comme au cinéma

L’humoriste et acteur belge a le vent en poupe. A l’affiche des films, "  Lucky " d’Olivier Van Hoofstadt et " Losers Revolution " de Grégory Beghin et Thomas Ancora au printemps dernier, il exporte son talent d’imitateur en France, notamment comme chroniqueur chez Laurent Ruquier. Mais pas que ! Hep Taxi l’a embarqué.

L’année 2020 fut son année. En janvier, sortait "  Lucky " d’Olivier Van Hoofstadt où Kody côtoie Florence Foresti, François Berléand et Fred Tesot. En mars, c’était " Losers Revolution " de Grégory Beghin et Thomas Ancora. Kody y campe l’un des trois pieds nickelés sur lequel repose cette comédie belge. Et entre ces deux films, en février, l’humoriste enfilait le costume de maître de cérémonie de la 10ème édition des Magritte. Pas à pas, il se rapproche de son rêve de jeunesse. " Moi, ce qui m’a toujours fasciné, c’est le cinoche, être acteur " déclare Kody.

Kody au cinéma

Ce grand fan de Jean-Paul Belmondo a découvert la félicité du jeu d’acteur à 18 ans sur le tournage du téléfilm "  Le bébé d’Élisa " (1996) dans la cour de son collège, le Cardinal Mercier à Braine-l’Alleud. Quelques scènes avec la comédienne Corinne Touzet suffiront pour faire naître sa vocation. Il devra cependant patienter une quinzaine d’années avant de retrouver l’ambiance des plateaux de cinéma. Après une apparition dans la série tv, " A tort ou à raison " (2011)  et dans le court-métrage, " José " de Gaëtan Liekens, il décroche un rôle dans " Le Tout Nouveau Testament "  (2015) de Jaco Van Dormael. Suivront en 2017, " Comment j’ai rencontré mon père " (2017) de Maxime Motte avec François-Xavier Demaison, " La  Fine Équipe " d’Ismaël Saïdi et " Ma Reum " de Frédéric Quiring avec Audrey Lamy, Joe Starr, Tania Zabarski et Max Bloubil

Mais c’est la web-série, " Lost in Traplanta " de Mathieu Rochet qui lui offre son rôle le plus conséquent. Et pour cause, Kody incarne le personnage central de ce docu-fiction en dix épisodes. Soit Larry, un gars lunaire qui, sans rien connaître aux musiques urbaines, part à la recherche des membres d’Outkast et découvre le mouvement hip-hop d’Atlanta. Primée à La Rochelle et à Berlin, la série a reçu le prix SACD de la meilleure série web-digitale au prestigieux Marseille Web Fest.

A la conquête du PAF

En septembre 2020, on retrouvait notre compatriote sur le plateau de " On est en direct " chez Laurent Ruquier sur France 2 où son imitation de Xavier Dupont de Ligonnès a fait mouche. Pour singer l’auteur présumé du quintuple meurtre de Nantes, affaire non élucidée à ce jour puisque le meurtrier court toujours, Kody a provoqué l’hilarité générale en débarquant en haillons, couvert de poussière et de champignons, plusieurs sacs au dos. L’humoriste avait précédemment fait trois passages en 2014, dans l’ex-émission de l’animateur français, " On n’demande qu’à en rire " avant qu’elle ne s’arrête.

L’avenir de Kody dans le paysage audiovisuel français se profile sous les meilleurs auspices. Après sa présence en 2017 chez Cyril Hanouna  dans "  Touche pas à mon poste "  avec sa rubrique DSK pour le  " Débrif Spécial de Kody ". Mais également, fort de sa participation au rendez-vous culturel, "  Conseil d’indiscipline " mené par le politicien Jean-Louis Debré reconverti en présentateur télé sur Paris Première, le voici approché par la chaîne privée M6.

Dès la prochaine rentrée télévisuelle, Kody devrait être aux manettes du " MUG ", autrement dit " Le magazine d’utilité générale " en tandem avec Alex Vizorek. A travers une série de capsules parodiques qui comptent déjà huit numéros enregistrés et vingt de commandés, Kody se mettra dans la peau d’un personnage différent à chaque numéro. Parmi son cheptel d’imitations, 150 au bas mot, certaines sortent du lot. A son panthéon, Karl Lagerfeld, Jean-Paul Belmondo, Benoît Poevoorde, Jean-Claude Van Damme, Gérard Depardieu ou encore Claire Chazal.  Sa force d’interprétation est telle qu’elle oblitère sa noire couleur de peau. Face aux commentaires racistes, Kody semble blindé. "  C’est tellement petit que je ne me laisse pas abattre par ce genre de choses "  confie-t-il. Et d’ajouter : " c’est un combat au quotidien. C’est une réalité pour nous et c’est un truc par rapport auquel on se construit. On se protège. On se barricade et on avance comme ça (…) Si mon expérience peut servir à ce qu’il y ait un peu plus de visages diversifiés devant et derrière l’écran. C’est ça qui est important ".

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Kody Kim © Martin Godfroid

Ses débuts d’humoriste sur scène et en télévision

Que les fans de Kody se rassurent. Il ne quittera pas pour autant la Belgique et " Le Grand Cactus " orchestré par Jérôme de Warzée depuis 2015. Pourquoi faire l’impasse sur sept ans de collaboration au petit écran au sein de l’émission de divertissement de la RTBF ?  Celle-là même qui lui a valu d’être remarqué par les chaînes françaises. Qui plus est, entre ces deux–là subsiste un lien inoxydable. Leur première rencontre remonte à 2009 lorsque Kody intègre la troupe de " L’agence tout risque " qui met en lumière tous les mois, des jeunes comiques belges au centre culturel d’Auderghem. Jérôme et lui animeront ensuite pendant neuf ans, chaque dimanche matin, en radio sur Vivacité, "  Les enfants de cœur " qui donnera corps au " Grand Cactus ".

A le voir comme un poisson dans l’eau devant le public et les caméras, on peine à croire qu’il fut un gamin ultra timide. " Parfois des gens sont encore étonnés de voir que je fais ce métier. Pas un mot ne sortait de ma bouche " raconte Kody. C’est durant ses études  secondaires où il a choisi l’option art d’expression qu’il commence à sortir de sa coquille. " On apprend à décortiquer des films, les mouvement de caméra. On tourne des fausses pubs et ça change ma vie, en fait " se rappelle-t-il. La révélation viendra lors d’une scène d’Antigone où il joue le personnage de Créon. "  Là les autres me regardent et se disent, en fait : "  il peut jouer des trucs sans être forcément drôle ". Et là, je me dis : je veux faire ça. Je ne veux rien faire d’autre " dit-il.

Mais lorsqu’on est le fils de Feu Jean-Pierre Kimbulu Mayanso Wa Lokwa, le dernier ambassadeur du Zaïre en Belgique sous l’ère Mobutu, faire l’artiste ne va pas de soi. Kody fera Science Po et des études de commerce à l’EPHEC. " C’est une assurance pour les parents. C’est une assurance au cas où ça ne marche pas parce qu’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus " explique notre invité.  Il travaille d’abord comme commercial, non sans cauchemarder la nuit tellement la pression de vente est forte. Puis en tant qu’agent immobilier jusqu’à ce que des amis lui suggèrent de se lancer dans le stand-up.  Il rejoint la bande du Kings of Comedy, écrit son premier seul en scène, " My Way " (2010). Quatre ans plus tard, il présentera son second spectacle, " A vendre ".

Retrouvez Kody dans Hep Taxi, ce dimanche 11 avril à 20h35 sur La Trois, et en replay sur RTBF Auvio !

Ce programme est disponible en version sous-titrée.

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