François Ozon déferle la critique avec un nouveau film provocateur, " Grâce à Dieu ".

François Ozon dans Hep Taxi !
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François Ozon dans Hep Taxi ! - © MARTIN GODFROID

Mais pourquoi s’attaquer à un sujet tel que la pédophilie ? Découvrez-le dans notre prochain épisode de « Hep Taxi ! »

Le réalisateur de " Sitcom " et " Huit Femmes " révèle une cadence rythmée (une moyenne d’un film par an depuis 1997) et arbore un beau palmarès de films à succès. Et ses cinq nominations au César du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure adaptation (pour " Sous le Sable ", " Huit Femmes ", " Potiche ", " Dans la maison " et " Frantz ") n’en diront pas moins !

Sa personnalité cinématographique s’apparente à celle d’un psychanalyste. Il suffit de lire quelques synopsis pour comprendre que ses films aux angles subtils dépeignent les névroses de notre société, plaçant le mystère et l’idéal féminin au centre de ses réalisations, avec des thèmes toujours aussi variés que provocateurs. Ses personnages sont sans cesse retranchés dans leurs tréfonds psychologiques, révélant leurs mœurs et leurs passions les plus sombres.

François Ozon dérange, autant qu’il fascine.

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« Je m’en lasserais (de faire des films) si les films se ressemblaient »

C’est la diversité et la variété dans les thèmes qui sont le moteur du réalisateur.

Dans notre Taxi, il confie qu’il a " la chance chaque fois de faire des films très différents, de passer d’une comédie à un drame, d’un film fantastique à un thriller. J’aime la variété au cinéma donc j’essaie à chaque fois de ne pas me répéter, et d’expérimenter. "

Ses thèmes se confondent dans le prisme de la disparition, de la famille et du patriarcat, de la femme et de la folie… Cette femme, d’ailleurs, dans ce qu’elle a d’étrange et de dangereux, qui déchaîne la beauté des passions et tout ce qui en découle, est vraiment le thème qui façonne ses films.

Il explique en effet à Jérôme Colin pourquoi ces femmes sont au cœur de son dispositif cinématographique :

je me suis dit voilà, à travers cette femme très loin de moi, qui n’est pas de ma génération, je peux raconter des choses très intimes. Et peut-être plus facilement parce que c’est une femme, parce que j’ai plus de distance, je suis plus lucide sur le personnage et c’est plus facile pour moi parce que j’ai l’impression de moins me dévoiler, les gens vont peut-être moins me percevoir parce que je pense que si je suis derrière une caméra c’est pas un hasard ".

Un aveu d’introspection à découvrir dans son interview exclusive…

Grace à Dieu », une nouvelle facette du cinéma d’Ozon

C’est en étalant les faits de l’affaire de pédophilie du Père Preynat dans les années 70-80, et le scandale qui en découla et entacha totalement le Diocèse de Lyon à partir du procès du cardinal Barbarin en 2014, que le nouveau chef-d’œuvre d’Ozon détonne actuellement. Et c’est dû au fait qu’il ait osé s’attaquer à l’un des sujets les plus actuels en axant sa réalisation sur des faits uniquement, le déchargeant d’un ouvrage purement fictionnel. 

Il propose un film sous forme de documentaire racontant l’histoire vraie des victimes et acteurs de ces abus sexuels.

Les personnages empruntent réellement le nom des victimes, choix qui souligne la légitimité de l’œuvre cinématographique qu’il nous livre et qui nous immerge davantage dans les ignominies sacerdotales.

On y retrace l’histoire émouvante de ces victimes qui prennent la parole face au silence, au travers de leurs combats pour s’en sortir et pour rétablir la vérité, sans pour autant être une critique brute contre les institutions catholiques.

Le psychanalyste du cinéma français, François Ozon, se confie à l’arrière du Taxi de Jérôme Colin pour une séance particulière le 28 avril prochain à 23h sur La Deux et en Replay sur Auvio !

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