Boris Cyrulnik, une vie de résilience

"Ma mère m’a placé à l’assistance publique la veille de son arrestation. Elle m’a sauvé la vie en me laissant tout seul", se souvient Boris Cyrulnik. Il n’a que 5 ans lorsque les nazis lui arrachent ses parents, un couple de juifs ashkénazes russo-ukraino-polonais installés en France dès les années 30. Estera et Aaron Cyrulnik, ne survivront pas à l’horreur des camps.

Recueilli par des justes, Marguerite Farges et sa famille d’enseignants, le petit Boris est arrêté par la gestapo suite à une dénonciation de voisinage. "La nuit de mon arrestation, j’ai été heureux (…) La vie est revenue parce que je revoyais des gens." Mais à la synagogue de Bordeaux, l’orphelin de ses six ans et demi déchante face au dispositif implacable mis en place. "J’ai échappé à la déportation parce que j’ai réussi à m’évader." Son récit est hallucinant et les détails glaçants. Sur les 1700 personnes déportées lors de la rafle de Bordeaux du 10 janvier 1944, il sera le seul survivant avec cette femme laissée pour morte sous laquelle il s’est caché.

Pour tenter d’expliquer l’inexplicable et la folie des hommes, Boris Cyrulnik décide de devenir psychiatre. Au centre de ses travaux, l’étude des comportements humains, les liens affectifs et familiaux. Mais aussi ce concept novateur qui a révolutionné la psychologie et l’a fait connaître dans le monde entier : la résilience ou comment trouver la force de se reconstruire, de se remettre à vivre après des chocs émotionnels extrêmes ?

Avec "Un merveilleux malheur", "Le vilain petit canard" et "Le murmure des fantômes" qui constituent sa trilogie sur la résilience, débute une succession de best-sellers. "Autobiographie d’un épouvantail" a valu à notre invité, le prix Renaudot de l’essai en 2008. Longtemps, Cyrulnik s’est retranché derrière Bernard, son double fictif, pour évoquer son histoire. Ce n’est qu’en 2012, à travers son autobiographie "Sauve-toi, la vie t’appelle" que Boris tombera le masque.

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Boris Cyrulnik, une vie de résilience © Tous droits réservés

Comme Rémi sans famille, Oliver Twist ou Tarzan, ces modèles de résilience qui ont façonné son imaginaire, ce passionné de rugby et du grand large s’est également intéressé à la figure du héros qu’il déconstruit dans son ouvrage, "Ivres paradis. Bonheurs héroïques". Un livre qui aide à comprendre que le malheur n’est pas une fatalité.

Depuis son passage dans le taxi, Boris Cyrulnik a sorti quatre essais dont certains résonnent plus que d’autres avec l’actualité, les attentats ou encore les guerres en Méditerranée. L’année passée, cet observateur engagé nous livrait "La nuit, j’écrirai des soleils" nous éclairant sur les bienfaits de l’imaginaire, la puissance du rêve, des pouvoirs de guérison de l’écriture. Comme vous le verrez, ce passionné des mots s’amuse également à les déconstruire pour notre plus grand plaisir.

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Boris Cyrulnik, une vie de résilience © Tous droits réservés

Retrouvez Boris Cyrulnik ce dimanche 10 mai à 20h40 sur La Trois, en replay sur RTBF Auvio et sur la chaîne Youtube d’Hep Taxi !

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