Arno fout le bazar en digne rock star

Dès la fermeture des portes de notre vieux tacot encore en service à l’époque, Arno ne demande non pas la lune mais le paradis. Rien de moins ! "On m’a dit que tout le monde est gentil là-bas. C'est chiant quand tout le monde est gentil (…) Quel Bazar (…)." Le ton est donné. Le rebelle Arno, 64 ans, tient alors la grande forme. Après deux ans de tournée, il sortait son album, "Future Vintage" nourri par ses inquiétudes face à la montée des populismes et des nationalismes. Le temps lui a malheureusement donné raison. Quasi une décennie plus tard, les partis et mouvements xénophobes ont gagné encore plus de galons au détriment d’une heureuse cohabitation intraculturelle aux quatre coins de l’Europe.

Le père de "Putain, Putain", "Oh là la la la" et des "Yeux de ma mère" est un européen convaincu de longue date. Et ce bien avant la création en 1977 de son groupe TC Matic qui a marqué les années new-wave et précédé sa carrière solo lancée dès 1986. Cet électron libre exècre toutes entraves liberticides quelles qu’elles soient. "Les gens qui vivent avec des frontières sont pauvres", dit-il.

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Arno fout le bazar en digne rock star © Tous droits réservés

Lui, l’Ostendais qui foulait les pavés mouillés par les embruns de la mer du Nord est pétri au brassage multiculturel de sa ville natale partagée entre tradition et avant-gardisme. Ostende la portuaire a accueilli marins de tous bords et artistes de passage comme le King de la soul music, Marvin Gaye dont Arno fût le cuisinier. Une rencontre inoubliable a priori improbable. Autant dire que le hasard n’existe pas.

Au Sud du pays du ponton de la péniche, les paysages des rives de la Sambre et les écluses défilent. Un premier arrêt et la fanfare d’Arcoz entonne joyeusement "Les filles du bord de mer" en guise d’hommage au chanteur. Plus loin, une deuxième halte est l’occasion de plaisanter avec les pêcheurs du cru. Pour Arno, aucunes différences entre indigents et nantis. Il dit ce qu’il pense et ses propos cash non dénués d’humour respirent le bon sens à pleine narines. D’habitude dans les taxis, notre rocker élabore les textes de ses futures chansons. Rien de ceci ici. Forcément. Alpagué par Jérôme Colin, l’électron libre qu’est notre invité revient sur son parcours.

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Arno fout le bazar en digne rock star © Tous droits réservés

L’homme est issu d’une famille haute en couleur avec Lulu, sa mère, qui vendait du poisson à la Minque et qui aimait Juliette Greco et le cinéma d'Elia Kazan. Son père était imprégné de culture anglaise et fut mécano sur des Spitfires en Angleterre pendant la guerre. Difficile de ne pas évoquer sa grand-mère, Marie-Louise Phillips, qui chantait des opérettes dans les cafés et les cinémas d'Ostende. Les femmes de sa famille chantant en français durant toute son enfance ont façonné l’artiste.

À l'adolescence, c’est le blues afro-américain et l'harmonica qui happent Arno tout entier lequel n'arrêtera plus de composer. Son blues-rock râpeux et authentique s’égrène à travers une trentaine d'albums dont une vingtaine en son nom propre. Le Tom Waits belge nous livre dans la foulée, sa recette de la sole au beurre. On en salive déjà !

Retrouvez Arno en replay sur RTBF Auvio et bientôt sur la chaîne Youtube d’Hep Taxi ! 

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